Huit bouquins lus, la treizième vague

lundi 9 janvier 2017 :: perrick :: Livres :: aucun commentaire :: aucun trackback
  1. Cities and the Wealth of Nations de Jane Jacobs
    Pour le fan que je suis devenu, ce livre a fait son office : très bien écrit, il se permet d'égratigner des grands penseurs classiques de l'économie avec brio. On y retrouve ses grands concepts économiques : la croissance par le remplacement des importations (pour permettre la montée en gamme), l'importance des échanges entre villes de même niveau (ou pourquoi Lille, Lyon, Nantes ou Marseille doivent se comparer entre elles et pas avec Paris), l'impossibilité de "sauter" des étapes sur l'échelle du développement économique (sous peine de perdre de précieux capitaux avec des usines que personne ne peut faire tourner localement), l'incapacité de la macro-économie de compter (et donc de réfléchir) en deçà de l'échelle nationale, la puissance de la curiosité esthétique et récréative (ou Taïwan, de l'agriculture - 1950 - aux composants hi-tech - 2000 - en passant par les jeux électroniques - 1980), etc... Tous les citer vous priverait d'une bonne lecture, je m'arrête là. Je me permettrai juste un rapide retour en arrière sur une autre lecture - historique celle-là - qui m'avait marqué : Une grande divergence où Kenneth Pomeranz cassait lui aussi le carcan étatique pour faire apparaître une histoire plus fine et plus précise du grand décollage de l'Europe, en commençant par les régions sans arbre mais avec du charbon de l'Angleterre. livres.onpk.net
  2. Archives du Nord de Marguerite Yourcenar
    Une très belle plume prend le temps d'évoquer ses souvenirs et ceux de sa famille paternelle - les Cleenewerck de Crayencour. Une mémoire qu'elle attrape au vol au grès de sources disparates. Et qu'elle retranscrit affectueusement et délicieusement. Pour l'anecdote, au même moment j'ai écouté un épisode de la Fabrique de l'Histoire Second Empire : Qu’est-ce que la fête impériale ?, quel ne fut pas ma surprise de découvrir que cet esprit de fête, flamboyant et fastueux, était largement partagé en province (au moins à Lille et aux alentours) à l'époque ! livres.onpk.net
  3. Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar
    Un vieil empereur - Hadrien - qui écrit à son petit-fils adoptif - Marc-Aurèle - qui finira lui aussi empereur : la trame est tenue. Et pourtant quelle belle oeuvre ! Car c'est bien un grand livre que j'ai eu le privilège de lire : de la poésie, du souffle, des sentiments, de la philosophie, bref de la Littérature. Pas de psychologie mais de la réflexion introspective à l'état brut. Pas de grandiloquence mais de la subtilité humaine. Mes flâneries épisodiques au Mont Noir prendront désormais un relief particulier, entre remerciement et gratitude à cette grande dame de la langue française. livres.onpk.net
  4. Les silences du Colonel Bramble de André Maurois
    En ces temps de Brexit, j'ai pris ce livre à la bibliothèque de mon quartier sur un coup de tête : André Maurois me disait très vaguement quelque chose (merci Wikipedia pour la confirmation qu'il a été académicien et pour la découverte de ses relations avec Pétain teintées de proximité mondaine et de méfiance). J'ai goûté avec jubilation aux us et coutumes des officiers britanniques pendant la Grande Guerre (qu'il a connu en tant qu'interprète militaire et officier de liaison) : ça sent bon le charme surannée des élites passées par les colonies, ce mélange étonnant de sportsmanship, de suffisance et de loyauté, toujours accompagné d'un verre de sherry / brandy / scotch. Comme avec Blake et Mortimer, on y retrouve des facettes de ce Royaume-Uni qui n'est plus (si tant est qu'elles ont dépassé un jour le cercle restreint qui commence avec son Upper middle class). livres.onpk.net
  5. Génération Erasmus de Sandro Gozi
    Je suis français, j'ai fait Erasmus en Italie (au départ de Londres). J'ai pensé que ce serait intéressant d'aller creuser une vision politique portée par ma génération de l'autre côté des Alpes. Quelques anecdotes politiques (mais pas tant que ça) et quelques idées fortes (migration gérée en commun / partis transeuropéens / réformes structurelles du marché du travail et relance économique) parcourent ce livre d'un européen convaincu et visiblement sincère. Le hic, c'est que finalement Renzi a laissé sa place en Italie avant de gagner des galons au niveau européen (même si sa jeunesse fait qu'il pourra revenir); et le re-hic, c'est qu'il y a entre la génération des "Pères fondateurs" et celle des "Erasmus", une génération - celle qui a entre la cinquantaine et la soixantaine en 2017 - dont la conviction européenne n'est pas aussi chevillée au corps, une génération à l’égoïsme forcené qui refuse de considérer qu’elle n’a pas “mérité” l’intégralité des avantages et privilèges collectifs dont elle bénéficie et dont beaucoup sont “revenus” de la politique sans jamais y être allé autrement qu’en jouant aux révoltés post-pubères lors de Mai 1968 (dixit Frank Biancheri, initiateur du programme Erasmus). Vivement 2020, qu'on sorte du monde des babyboomers... livres.onpk.net
  6. Diabou Ndao de Mamadou Diallo
    Le conte gourmand d'une petite fille qui aimait manger des gnioules et d'un lion qui rode autour de son village. Fou rire assuré pour toute la famille. livres.onpk.net
  7. La spirale du déclassement de Louis Chauvel
    Sociologue et professeur d'université, Louis Chauvel livre dans cet ouvrage un portrait tout en dynamique de la société française. L'utilisation des cohortes (plutôt que la moyenne a une date donnée) permet de mettre en lumière de nouveaux éléments-clé et de bien comprendre les mécanismes à l'oeuvre au sein des classes moyennes : repatrimonialisation, chômage, dépréciation du niveau des diplômes entrent en résonnance et mettent en difficulté notre pacte social. On trouve aussi un bel exemple de modèle non-linéaire dans son interprétation de la relation entre inégalités et mouvement social : les plus matheux y reconnaîtront sûrement la modélisation "classique" de Lotka-Volterra (les proies et les prédateurs prenant le dessus à tour de rôle). livres.onpk.net
  8. Le paradis des femmes et l'enfer de chevaux de Idriss al-'Amraoui
    Un tout petit livre écrit en 1860 par un émissaire du Sultan marocain de passage en France : le périple étonnant d'un grand lettré qui traverse la France en chemin de fer pour s'entretenir avec Napoléon III. Ce mélange d'admiration et d'attachement sincère à ses valeurs propres en fait un anti-Lettres Persannes. livres.onpk.net

Attacher ses vélos quand on habite en ville, le cas lillois

lundi 19 décembre 2016 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

La Ville de Lille étend peu à peu son initiative vélo en dehors du centre ville. La semaine dernière des agents ont ainsi installé des arceaux vélos sur l'avenue de Bretagne, pas très loin d'Euratechnologies.

Je me suis demandé brièvement pourquoi ces nouveaux arceaux avaient été placé si loin des entrées d'Euratechnologies : il n'y a aucun commerce à proximité immédiate. Et pourtant, de l'autre côté de la rue, il y avait un vélo accroché à un poteau de signalisation routière... Faut croire que le besoin est là.

J'ai donc changé mes lunettes et je suis allé en quête de ces systèmes bricolés par les particuliers pour éviter de traverser toute la maison avec un vélo tout sale... Et c'est une pêche très fructueuse que je vous propose (tout ça dans les 5 minutes à pied autour de mon domicile).

Des anneaux scellés dans le mur, des arceaux dans la terrasse, des portes vélos dans le jardinet, etc. Visiblement la demande est bien là : vivement que les mairies en tiennent compte, et que le gouvernement fasse aussi son boulot.

L'UNION à la sauce MySQL

mardi 13 décembre 2016 :: perrick :: MySQL :: aucun commentaire :: aucun trackback

Dans la famille des "trucs" MySQL qu'on utilise pas souvent mais qui sont quand même bigrement pratique, je vous présente UNION ALL. Bien sûr la documentation en dit long :

UNION is used to combine the result from multiple SELECT statements into a single result set.

C'est quand même super pratique quand on veut - dans une même requête - afficher les temps travaillés et les absences, comme c'est le cas dans Opentime.

Mais si le commit correspondant date du 27 janvier 2015, pourquoi en parler maintenant ? Trop simplement parce qu'au détour d'un refactoring je tombe sur cet appel dont je ne me souvenais plus. Mais alors pas du tout. Un blame plus tard, je me rends compte que je n'en suis pas l'auteur : donc un grand merci à Matthieu, pour m'avoir fait découvrir ce truc. En espérant qu'il serve aussi ailleurs et plus tard...

En période de transition, l'ère des entrepreneurs ou le moment des entreprenants ?

lundi 21 novembre 2016 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

Donc nous serions à l'âge des entrepreneurs : ce sont eux qui nous font rêver (Steve Jobs pour ses vélos pour l'esprit, Elon Musk avec ses voitures, Serguei Brin aves ses voitures aussi, Travis Kalanick avec ses voitures encore). Ce sont eux qui drainent les talents vers la Silicon Valley. Eux encore qui portent une vision pour demain : grâce à leurs idées, ils nous font entrer dans l'Âge des Entrepreneurs. Cette époque où les VCs auraient perdu de leur superbe : avec un coût de création d'une entreprise proche de zéro comme celui de l'obtention d'une validation sur le marché, l'équilibre du pouvoir s'est déplacé pour de bon. Ce n'est plus une question d'investisseurs qu'ils soient issus d'un fond (VCs), informels (angels) ou providentiels ("Super Angels"). Les règles ont changé et nous avons un nouveau roi. Comprendre "l'entrepreneur".

Et pourtant, toujours en Californie, les recettes fiscales grâce à l'impôt sur le revenu ont légèrement augmenté, mais les collectes sur les taxes de ventes et sur les entreprises sont à la traîne d'un montant combiné d'environ 210 million de dollars. L'article du Los Angeles Times annonce au passage que des coupes risquent de se produire dans le système éducatif : les élèves pourraient perdre 7 jours de cours dans certains districts.

Bien sûr, les entrepreneurs d'ici et d'ailleurs se bougent, ils ont la "gnaque". D'ailleurs certains ont une solution à ce problème précis, elle s'appelle Espérance banlieues : des écoles implantés dans des quartiers difficiles, hors contrat, peu chères (la somme relativement modique de 750 euros / an) et issues d'un réseau traditionaliste et ultra-libérale où l'on peut trouver des anciens des Frères hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, des donations privées issus de la fondation Bettencourt-Schueller ou de la famille Mulliez, le tout cornaqué par Éric Mestrallet, chef d'une entreprise désormais en liquidation.

Bref la société entrepreneuriale serait devant nous. En espérant quand même que ces entrepreneurs aient le temps : car certes ils travaillent plus que leurs salariés; mais pas tant que ça non plus, moins que leurs cadres en tout cas. Et pourtant ça ne suffit pas : élaborer une stratégique est un exercice difficile pour beaucoup d’entre eux par manque de temps, d’outils et de recul sur leur entreprise, leur marché, leur environnement est une ritournelle qu'on entend souvent (au moins chez les conseilleurs patentés). Et on voudrait leur donner notre feu vert pour penser la société entière à 8 ou 15 ans ?

Bien sûr, on sent bien que ça craque de tous les côtés : Trump & Brexit sont les symptômes récents d'un changement de paradigme. Alors pendant que certains réfléchissent pour de vrai à un nouveau pacte social à moyen terme et que d'autres préfèrent payer des think-tanks, des citoyens se prennent par la main avec d'autres armes : avec des pinceaux, ils tracent les pistes cyclables dont ils ont besoin sur les routes de leur quartier et dans leurs villes; avec des graines ils s'inventent apprentis jardiniers, adeptes de la guérilla jardinière & potagère ou des incroyables comestibles d'ici ou d'ailleurs. Et que dire des urbanistes citoyens de Strong Towns ou de l'APU de Fives. Et aussi des créateurs de monnaie ou de pound. Ce sont les mille fleurs qui doivent éclore avant de refaire société comme l'a si bien montré le film Demain... Aussi pourrions-nous plus modestement appeler ce moment, celui des entreprenants ?

Quelques pistes de réflexion complémentaires sur la "Comment la France a tué ses villes"

vendredi 28 octobre 2016 :: perrick :: Espace urbain :: 2 commentaires :: aucun trackback

Monsieur Olivier Razemon,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre dernier ouvrage : Comment la France a tué ses villes. Je profite donc que vous soyez encore en vie - ce qui n'est plus le cas de Jane Jacobs - pour ajouter quelques remarques à cet ouvrage remarquable.

Pourquoi parler de cette américaine naturalisée canadienne morte en 2006 ? Outre le fait qu'elle a largement stimulé mes réflexions récentes sur l'économie de ville, j'ai l'impression qu'elle transparaît aussi en creux dans votre ouvrage. Ainsi dans un chapitre intitulé Mobilité piétonne universelle, vous attribuez à Frédéric Héran le résumé Les yeux de la rue. Comment oublier qu'il s'agit là d'une de ses remarques les plus fécondes (en particulier dans son livre Déclin et survie des grandes villes américaines). Tellement emblématique même que c'est devenu le titre d'une de ses biographies. J'en profite donc pour mettre la citation au complet (elle date de 1961) :

Il faut remplir trois conditions pour qu'une rue puisse accueillir dans de bonnes conditions des étrangers au quartier et être en leur absence un endroit où règne la sécurité, comme c'est le cas dans les quartiers des grandes villes qui fonctionnent bien.

Premièrement, le domaine public et le domaine privé doivent être clairement départagés. Il ne doit pas y avoir d'interpénétration entre les deux comme cela arrive si souvent dans un tissu de banlieue ou dans les grands ensembles.

Deuxièmement, il doit y avoir des yeux dans la rue, les yeux de ceux que nous pourrions appeler les propriétaires naturels de la rue. C'est pourquoi les façades des immeubles d'une rue destinée à accueillir des étrangers au quartier et à assurer leur sécurité en même temps que celle de ses habitants doivent obligatoirement comporter des ouvertures donnant sur cette rue. Ces façades ne doivent pas être aveugles et présenter des murs sans fenêtres.

Troisièmement, la rue doit être fréquentée de façon quasi-continue, à la fois pour augmenter le nombre des yeux en question, et pour inciter les occupants des immeubles riverains à observer les trottoirs en grand nombre. Peu nombreux en effet sont les gens qui se livrent à l'exercice qui consiste à s'asseoir sur un perron ou regarder par la fenêtre pour contempler une rue vide de passants. Alors qu'énormément de gens se distraient à bon compte en observant de temps à autre ce qui se passe dans la rue.

Je vous invite au passage à lire - si ce n'est pas déjà fait - l'ensemble de son oeuvre. Et au passage, un autre de ses apports - peut-être plus indirect - aura été la création de ses fameuses balades urbaines que vous racontez dans le chapitre La force du diagnostic : ces visites architecturo-urbanistiques ont d'ailleurs pris le nom de Promenades de Jane un peu partout sur la planète.

Toujours outre-atlantique, probablement parce que la dégradation des villes y est plus forte encore, je vous invite à découvrir les travaux de l'association Strong Towns. Il s'agit un média américain associatif qui suit une approche intéressante :

Le dernier point est tout à fait crucial dans leur démarche et permet d'établir des diagnostics plus sévères encore, en particulier sur le coût réel de l'entretien des routes. On comprend alors pourquoi une de leur campagne du moment s'appelle No New Roads et pourquoi nos géants de la grande distribution attendent toujours que le nouveau rond-point soit en place pour s'installer. Ou comment la jolie impasse qui mène au coeur d'un lotissement construit dans les années 1980 présentera 40 années plus tard des trous, des bosses et autres nids de poule : tout nouveau ménage s'installant dans cette douzaine de maisons devrait payer chaque année 21 euros supplémentaires (par rapport aux autres habitants de la ville) pour entretenir ce bout d'impasse "privatif"; à moins qu'un peu de dette soit passée par là et qu'on décale le problème de quelques années encore ou qu'on fasse payer l'addition aux autres habitants.

Parallèlement le Congress for the New Urbanism (CNU) - une autre association pluridisciplinaire (on y trouve des urbanistes, des architectes, des artistes, des artisans, des activistes, etc.) - dresse de son côté un portrait régulier des périphériques et autoroutes "sans futur" : la Nouvelle-Orléans, Syracuse New York City, Toronto, Buffalo, Rochester New York, St. Louis, San Francisco, Detroit ou Long Beach sont dans leurs radars depuis 2014. Son pendant en France, membre du "Conseil Européen des Urbanistes (ECTP-CEU)", la Société Française des Urbanistes, est réservé aux professionnels expérimentés dans la planification urbaine, la composition et l’application des plans d’aménagement de territoires et d’urbanisme. On est encore loin d'une société civile épanouie.

Dernier point, grâce aux travaux d'Hélène Yildiz et de Sandrine Heitz-Spahn (de l'Université de Lorraine), on découvre des corrélations entre civisme local et achat en centre-ville : plus un individu est investi au sein de sa commune, plus il privilégie les commerces en centre-ville. Si on considère que les monnaies locales complémentaires - désormais citoyennes - sont un marqueur possible d'un attachement civique à son territoire, on comprend peut-être mieux le pari d'un ville comme Boulogne-sur-Mer avec ses bou-sols. Bref j'ai l'impression qu'il y a entre démocratie et urbanité des liens à creuser : peut-être pour un prochain ouvrage ?

En tout cas un grand merci pour cette lecture stimulante et passionnante : les commentaires pas toujours bienveillants sous vos billets traitant de ces sujets montrent à quel point le travail pédagogique est loin, très loin, d'être arrivé à son terme.

Des livres, douzième série

mardi 25 octobre 2016 :: perrick :: Livres :: aucun commentaire :: aucun trackback

Huit bouquins lus, la douzième vague

  1. Technological Revolutions and Financial Capital de Carlota Perez
    En commençant ce livre, mes attentes étaient fortes : elles avaient été largement cajolées par les essais de Nicolas Colin et d'autres. Sauf que finalement le livre n'apporte pas beaucoup plus que le graphique (déjà relayé plus tôt). Une précision - et de taille quand même : quand Carlota Perez parle d'un Âge d'Or, elle fait référence à une étroite accointance entre le "Capital financier" et le "Capital productif". Et si les exemples mis en avant par ses commentateurs évoquent un passé flatteur (à commencer par celui des 30 Glorieuses), il peut aussi correspondre - toujours dans son ouvrage - au Reich nazi ou Communisme soviétique : deux territoires où la "puissance d'innover", les capitaux et le pouvoir d'état ont été largement alignés au sein ce fameux paradigme de la "production de masse". livres.onpk.net
  2. The Economy of Cities de Jane Jacobs
    Le genre de livre que je n'ai pas envie de finir : si seulement son nombre de pages pouvait augmenter au fur et à mesure de sa lecture ! J'avais découvert il y a plusieurs mois déjà une courte introduction à sa pensée - It's the cities, stupid - et j'ai enfin pris le temps d'acheter l'ouvrage (édité dans les années 1960). La claque ! L'argumentaire est précis, iconoclaste tout en étant léger : l'utilisation d'anecdotes fouillées permet de toujours s'ancrer dans le réel et d'appuyer les raisonnements économiques qui vont parfois à contre-courant de la doxa ambiante. Ses réflexions sur la Monnaie (nationale et/ou supra-nationale désormais) sont en particulièrement stimulantes. Mais bien sûr, c'est son concept de "remplacement des importations" (plus facile à mettre en place que l'innovation finalement) qui a intrigué ma curiosité et donne des billes à ceux qui pensent qu'il est vain d'essayer de reproduire une Silicon Valley "à-la-française". En filigrane, j'ai aussi découvert une femme authentique et non-conformiste : non-universitaire, pacifiste, désobéissante civile, maternelle, tenace, pas étonnant que Montréal (la ville qui l'a apprivoisée finalement) continue à rendre hommage à la fécondité de ses idées à travers les promenades de Jane. livres.onpk.net
  3. Ainsi soit-elle de Benoîte Groult
    Le 20/07/2016, j'avais évoqué rapidement un livre "plus intéressant" sur la condition féminine : c'est donc celui-ci ! Avec une pointe d'humour et beaucoup de panache, Benoîte Groult faisait le point en 1975 sur la condition des femmes en France et un peu plus loin (à la fois géographiquement et historiquement). Et si les choses bougent, elles bougent lentement : les exemples récents sont encore criants; et pour ceux qui pensent qu'on a fait bien du chemin depuis, un petit rappel : On voit bien que ces hommes vivent comme une provocation le fait que leur femme puisse leur demander une participation aux tâches de la maison. Ils sont allés à l’école mais aucune institution n’a réussi à leur donner la moindre éducation en ce domaine. Certaines n’ont même fait qu’empirer les choses. S’il s’agit de militaires, d’hommes du bâtiment ou de la police, tous les métiers très masculins où il n’existe pratiquement pas de contacts avec des femmes, les stéréotypes sont renforcés. (extrait d'un article sur la prise en charge des agresseurs)... livres.onpk.net
  4. Sapiens : une brève histoire de l'humanité de Yuval Noah Harari
    Une vaste fresque sur l'évolution de l'humanité qui fait d'ores et déjà date (visiblement c'est un énorme best-seller). Pas mal de points saillants qui viennent à rebours d'une "pensée classique". Bref un bon livre pour vérifier la demi-vie de nos acquis scientifiques. livres.onpk.net
  5. Jules César de Shakespeare
    L'histoire de Brutus vu par le grand dramaturge anglais avec du Préférez-vous César vivant, et mourir esclaves, ou César mort, et tous vivre libres ? de du Toi aussi, Brutus !... Tombe donc, César ! dedans. Mais aussi - et surtout - des conjurés qui finiront bien tragiquement pendant que Marc-Antoine et Octave prendront la tête des légitimistes avec succès... livres.onpk.net
  6. The Nature of Economies de Jane Jacobs
    Peut-être moins percutant comme deuxième lecture - après The Economy of Cities, ce livre prend une forme toute différente : une suite d'échanges entre plusieurs "amis". Les concepts de Jane Jacobs y sont cette fois présentés avec plus de légèreté et moins d'exemples, ou de densité. livres.onpk.net
  7. Travailler deux heures par jour de Adret
    Bientôt 40 ans que le livre a été écrit et pourtant on n'a pas avancé d'un poil : les témoignages d'ouvrier ou de secrétaire font toujours aussi mal. Ainsi j'ai re-découvert ce que passer au 32h veut dire quand on travaille en 3 x 8 : le goût de la politique, les échanges avec les amis, la sexualité dans le couple, le moral plus haut que les chaussettes. Avant de tout reperdre parce que les commandes reviennent. Notre salut passera par l'imagination : la seconde partie du livre en fait la démonstration. Les boulots à la con (chers à Graeber) n'ont pas encore fini de nous étrangler. livres.onpk.net
  8. Comment la France a tué ses villes de Olivier Razemon
    Dans ma quête d'urbain, j'avais précommandé ce livre auprès de l'éditeur Rue de l'Echiquier. Et puis Gisèle est arrivée : il est resté de longues semaines sur la table de chevet. C'était pour être dévoré plus rapidement encore... Le journaliste-bloggueur y fait un portrait sans concession de l'impasse dans laquelle se sont mises toutes les villes françaises (hors peut-être Paris et nos grandes métropoles, dont Lille) grâce aux voitures. Avec la mise en place cet été d'un nouveau plan de circulation à Lille (plus de double-sens et moins de deux voies, plus de sens unique et encore plus de contre-sens vélo) et de son opposé à Tourcoing (avec un maire qui remet du parking gratuit en centre-ville), nous aurons l'occasion de voir le résultat d'ici quelques années. J'ai peur pour les Tourquennois. livres.onpk.net

Et si par défaut on ajoutait la piste cyclable

mardi 4 octobre 2016 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

Le quartier d'Euratechnologies continue de vivre des mutations. Parmi les dernières en date, des rues (comme la rue Copernic) qui sont passées en sens unique.

D'une voie dans laquelle les voitures se croisaient plus ou moins facilement, on est arrivé à une rue large où il y a largement la place d'ajouter la piste cyclable à contre-sens. Et d'autant plus que le prolongement de cette rue - la rue des Templiers - a déjà son contre-sens pour cyclistes...

Il faut pourtant avouer que ce ne sont pas les vélos qui manquent à Euratechnologies : le matin vers 9h10, il n'y a plus de places sur les anneaux les plus proches de l'entrée et la zone V'lille est saturée.

J'ai imaginé que les peintres en sol n'avaient dans leur camionnette que du blanc le jour J. Mais non, il y avait aussi du bleu pour les places handicapées. A quand de la peinture verte par défaut ?

Quelles évolutions pour Euratechnologies ?

vendredi 30 septembre 2016 :: perrick :: Entreprenariat :: aucun commentaire :: aucun trackback

Avec bientôt dix années de bouteille, Euratechnologies entame sa mue : un (ou une) nouveau Directeur Entrepreneuriat et Innovation doit arriver puisque l'annonce commence à dater; après deux années de diète, un nouveau lot immobilier - le Doge - est sur le point d'être livré; et d'autres sont largement sur les rails. Autant dire que l'avenir est rose. Au moins pour les deux années à venir (le temps incompressible qu'il attendre entre la signature et la livraison d'un bâtiment).

Pourtant sans faire l'oiseau de mauvais augure, l'univers financier ambiant promet depuis longtemps d'être fortement perturbé : cela pourrait venir du secteur immobilier en Chine, des banques en Italie, la reprise en trompe-l'oeil aux USA, les conséquences de la politique de taux négatif par les banques centrales ou plus prosaïquement de la chute vertigineuse de Deutsche Bank (avantageusement juste avant un lundi férié outre-Rhin).

Pour des startupers dont la principale métrique de succès reste le montant de la levée de fonds, les surprises pourraient être de taille. Si à Lille 2015 et 2016 avaient été des larges succès avec plusieurs levées qui dépassent le million d'euros, que se passera-t-il une fois que toutes les banques européennes auront fait le dos rond et supprimé 20% de leurs salariés s'engageant dans cette fameuse crise systémique que tout le monde craint ?

Dans son programme d'incubation, l'équipe d'Euratechnologies a commencé par un balisage plus précis de son accompagnement avec les formules Scale (et ses levées de fonds accompagnées de dilution) et Grow (et son indépendance plus farouche). Mais si les millions mettent facilement en valeur la première formule, quelle sera la métrique qui pourra avoir le même effet pour une entreprise en développement organique et régulier ? Quelle sera l'accroche qui captera les yeux pétillants des médias ? Et surtout quelle sera le discours qui donnera à des nouveaux l'envie de se lancer autrement ? Après avoir cravaché pendant une décennie pour faire émerger avec succès un modèle non-parisien, il est peut-être temps de réfléchir à la décennie qui vient. Elle pourrait être encore plus rock-en-roll pour l'écosystème local et peut-être encore plus pour ce (ou cette) futur Directeur Entrepreneuriat et Innovation et son équipe.

Petit pas pour moins de Twitter

vendredi 16 septembre 2016 :: perrick :: Connexe(s) :: 2 commentaires :: aucun trackback

Tout à commencé quand je me suis rendu compte que les tweets les plus intéressants d'Adrienne Charmet étaient en fait l'excellent travail effectué au sein de La Quadrature. J'ai donc appuyé sur deux boutons : "Se désabonner" sur Twitter et "Flux RSS" sur La Quadrature du Net. L'exemple de Pascal Martin était encore plus éclairant : son flux Twitter est presque exclusivement composé de renvois vers son blog, une source ô combien précieuse pour le développeur PHP que je suis. Mais le fin du fin dans ma timeline, c'était le compte de Nicolas Colin : cette fois le flux est composé de liens vers son espace Medium ET de retweets de ses lecteurs. Or ces derniers m'intéressent moins. Et heureusement Medium aussi propose encore des flux RSS.

Je me permets de citer ces trois noms parce que j'apprécie fortement leurs travaux respectifs. Et j'espère qu'ils ne m'en voudront pas d'avoir arrêter de les suivre sur Twitter. Je continuerai de les suivre attentivement via mon vétéran Feed on Feeds. Il fait l'affaire en matière de veille. Et tant pis pour les concours de statistiques, de métriques et autres données quantifiables.

J'en profite au passage pour renvoyer à une très bonne chronique - encore - de Xavier de La Porte sur le sujet : Pourquoi cesse-t-on de suivre quelqu'un sur Twitter ?

PS : oui, une fois que ce billet sera public, j'en profiterai pour lui faire une petite interpellation sur Twitter ;-)

Le potager des enfants sur le chemin de l'école

jeudi 1 septembre 2016 :: perrick :: Ecologie :: aucun commentaire :: aucun trackback

A Lambersart, sur un des chemins de l'école, des enfants ont aménagé un petit coin potager dans des bacs à fleurs. Un joli prétexte pour faire une bonne rentrée. Ou un détour buissonier.

Et les plus courageux iront explorer d'autres trucs plus ambitieux.

Un potiron, champion du monde de hauteur

mercredi 31 août 2016 :: perrick :: Ecologie :: aucun commentaire :: aucun trackback

Notre potiron a décidé d'attendre la période post-olympique pour se mettre en valeur. Le voilà désormais percher dans les arbres à plus de 2m de hauteur.

potiron dans les arbres

Je le soupçonne d'avoir chercher puis trouver une parade contre les pucerons (probablement qu'eux ont le mal des hauteurs une fois passé les 50cm). A moins que ce ne soit une tentative de sa part de m'enseigner l'agroforesterie... Affaire à suivre en tout cas ;-)

Peggy ouvre son blog

jeudi 21 juillet 2016 :: perrick :: Perso :: aucun commentaire :: aucun trackback

Après plusieurs semaines de tâtonnements techniques, de découvertes informatiques, d'explorations stylistiques, Peggy vient d'ouvrir son blog. L'aventure a commencé par les joies d'OVH (pour l'hébergement), de GarageBand (pour les podcasts), d'Amazon (pour un micro), de WordPress et de The Theme Foundry (pour l'outil de blog et un thème), de Tipeee (pour le financement participatif). Bref un tas de machin dans lesquels je n'ai pas mis une seule ligne de code (je suis super fier d'elle : elle l'a fait "toute seule").

Peggy Avez

Un projet à suivre pour tous les amateurs de philosophie, d'esprit critique et de liberté... Bonne lecture et/ou écoute à tous ! Et n'oubliez pas vos commentaires : elle en est d'ores et déjà friande ;-)

Des livres, onzième série

mercredi 20 juillet 2016 :: perrick :: Livres :: aucun commentaire :: aucun trackback

Onzième vague de huit bouquins lus.

  1. Fondation et Empire de Isaac Asimov
    Rien de tel qu'un petit livre de SF pour sortir des débats de notre bien maigre société de tous les jours. Ici c'est l'Humanité qu'il faut sauver, et dans toute la Galaxie par dessus le marché : un grand bol d'air frais pour voyager par delà le temps et l'espace. livres.onpk.net
  2. Comment vivre avec les autres sans être chef et sans être esclave de Yona Friedman
    Ce plaidoyer pour la sobriété, l'autonomie et l'articulation entre les différentes échelles humaines nous vient du passé récent (40 ans). Et ce qui saute aux yeux, c'est la puissance qu'a acquise internet pour coordonner ces tailles de groupes humains. Les nouvelles réponses empiriques sur la taille de ces groupes dans le cadre d'une coopération sont sans commune mesure avec les intuitions de Yona Friedman : Jean-Michel Cornu, dans un billet sur InternetActu, fait le point sur cette révolution dans A combien peut-on coopérer ?. livres.onpk.net
  3. Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig
    Après les lectures scolaires, je redécouvre la plume de Stefan Zweig : gracieuse, délicate et précise. Alors même que l'histoire pourrait être si banale (homme, femme, passion, amant, etc.), le "monologue" de Mrs C. prend du relief, du corps au fur et à mesure des pages. Un travail de dentelle dans les sentiments. livres.onpk.net
  4. L'aleph de Jorge Luis Borges
    Retrouver Borges, de l'intelligence érudite à l'état brut : un dédale de chemins, de pistes et de traces pour se perdre dans les mots, le temps et l'espace. Et finalement être repris par le col à la dernière page de chaque nouvelle. livres.onpk.net
  5. Spinoza. Philosophie pratique de Gilles Deleuze
    Dur dur de comprendre plus qu'un paragraphe par ici et un par là. C'est dense, technique et très philosophique. Et même si je me suis accroché pour aller jusqu'au bout, j'ai l'impression d'être passé à côté : les lettres, mots et phrases ne sont pas suffisants, il me manque un bagage philosophique. Même en vivant avec une philosophe pédagogue. livres.onpk.net
  6. L'amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez
    J'ai retrouvé un Garcia Marquez sans la truculence échevelée dans ce roman d'amour contrarié aux Caraïbes, de l'incandescence adolescente au crépitement réchauffé des vieux jours. Une grande plume comme à chaque fois, cette fois-ci dans un cadre plus fin et ciselé. livres.onpk.net
  7. La Légèreté de Catherine Meurisse
    Vivre. Vivre après une attaque terroriste. Devenu le quotidien des familles et proches de 17 + 1 + 1 + 130 + 2 + 84 personnes en France depuis janvier 2015, c'est cette vie tordue que nous partage Catherine Meurisse - dessinatrice à Charlie Hebdo. Une vie en apesanteur, aux champignons, en pointillé, en quête de beauté, en Italie, au Louvre, etc. dans un très bel album autobiographique. livres.onpk.net
  8. La Domination masculine de Pierre Bourdieu
    Dans son exploration récente de la pensée féministe, Peggy m'a laissé lire en premier ce petit ouvrage sur le sujet. Et finalement quand un homme (ou au moins celui-là) parle du féminisme, ça sonne un peu creux. J'ai lu depuis celui de Benoîte Groult (récemment décédée), on en reparlera dans la prochaine série : il est largement meilleure ! livres.onpk.net

Quelques "vieilles notes" sur l'Angleterre du GEAB

lundi 27 juin 2016 :: perrick :: Connexe(s) :: aucun commentaire :: aucun trackback

Depuis plusieurs années, je suis abonné à la revue GEAB (un think-tank lancé par l'initiateur du programme Erasmus, pro-européen, pro-BRICS et qui fait des analyses mensuelles de grande qualité). En ces temps de Brexit consommé, voici un petit extrait qui date de 2014.

L’appauvrissement considérable de la société britannique du fait d’un plan d’austérité à faire pâlir ceux de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne combinés, son recul stratégique majeur en raison de la perte de son statut de trait d’union entre l’Europe et les États-Unis du fait de sa marginalisation européenne, les attaques sur sa place financière du fait de tous les processus décisionnels régulatoires en cours, la perspective d’une dislocation du Royaume avec le risque très concret de séparation de l’Écosse en septembre 2014, la présence désormais d’une communauté immigrée nombreuse et mal intégrée comme conséquence d’une politique de main-d’œuvre à bas prix menée dans les années 90-2000... tout cela crée un contexte politico-social explosif dont l’UKIP tient la clé : il peut mettre le feu aux poudres, ou bien calmer le jeu en échange d’une évolution de la politique gouvernementale dans son sens. Demande expresse ou non, le gouvernement adopte de facto peu à peu une ligne politique cohérente avec les demandes de l’UKIP dont les maîtres-mots sont europhobie et xénophobie.

Et la petite note qui éclaire d'une lumière plus crue encore le ton du début outre-manche et ses dérives :

Le rôle éminemment positif et glorieux joué par l’Angleterre lors de la dernière Guerre mondiale a empêché ce pays d’effectuer le travail auquel se sont livrés les autres Européens, et en particulier les Allemands, par rapport à leur responsabilité collective dans la montée des totalitarismes en général et du nazisme en particulier dans les années 30. En l’absence de toute remise en question, on peut dire de manière caricaturale que les Anglais ont passé 70 ans à se croire génétiquement bons ; c’est ce qui les rend extrêmement dangereux dans le contexte de crise actuelle.

On est loin des Swinging 60s ou de la Perfect City des années 1990.

Qui a encore besoin d'un fond d'investissement ?

mardi 17 mai 2016 :: perrick :: Entreprenariat :: 3 commentaires :: aucun trackback

Toujours avec mon prisme qu'on peut faire de l'innovation sans fonds extérieurs - aka "bootstrapper", je viens de découvrir le parcours étonnant de Anthony Levandowski : étudiant à Stanford, puis vainqueur du DARPA Grand Challenge en 2005, puis salarié Google sur le projet de voiture sans conducteur et désormais à la tête d'une équipe indépendante en quête d'un kit pour rendre les camions autonomes. Cerise sur le gâteau : pas de fonds extérieurs, juste une équipe qui a envie de travailler ensemble et qui a les moyens de s'offrir exactement cela, collectivement.