Les vélos en libre service en Chine

mardi 18 avril 2017 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

Visiblement les systèmes de vélos partagés se sont envolés en Chine - ou au moins à Shanghai : plusieurs marques en compétition, des vélos disponibles sans borne, des cadres divers et variés, etc. Le récit de Project Gus est très instructif. Et je ne résiste pas à vous mettre quelques photos (je vous laisse trouver la plus "publicitaire", elle est sans lien 8-)

Visiblement les chinois ont le choix entre Mobike, Ofo, Bluegogo ou U Bike, entre autres. On est loin des turpitudes du vélib parisien. Même si les piles de vélos qui s'entassent ne sont pas au goût de tout le monde !

Attacher ses vélos quand on habite en ville, le cas lillois

lundi 19 décembre 2016 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

La Ville de Lille étend peu à peu son initiative vélo en dehors du centre ville. La semaine dernière des agents ont ainsi installé des arceaux vélos sur l'avenue de Bretagne, pas très loin d'Euratechnologies.

Je me suis demandé brièvement pourquoi ces nouveaux arceaux avaient été placé si loin des entrées d'Euratechnologies : il n'y a aucun commerce à proximité immédiate. Et pourtant, de l'autre côté de la rue, il y avait un vélo accroché à un poteau de signalisation routière... Faut croire que le besoin est là.

J'ai donc changé mes lunettes et je suis allé en quête de ces systèmes bricolés par les particuliers pour éviter de traverser toute la maison avec un vélo tout sale... Et c'est une pêche très fructueuse que je vous propose (tout ça dans les 5 minutes à pied autour de mon domicile).

Des anneaux scellés dans le mur, des arceaux dans la terrasse, des portes vélos dans le jardinet, etc. Visiblement la demande est bien là : vivement que les mairies en tiennent compte, et que le gouvernement fasse aussi son boulot.

En période de transition, l'ère des entrepreneurs ou le moment des entreprenants ?

lundi 21 novembre 2016 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

Donc nous serions à l'âge des entrepreneurs : ce sont eux qui nous font rêver (Steve Jobs pour ses vélos pour l'esprit, Elon Musk avec ses voitures, Serguei Brin aves ses voitures aussi, Travis Kalanick avec ses voitures encore). Ce sont eux qui drainent les talents vers la Silicon Valley. Eux encore qui portent une vision pour demain : grâce à leurs idées, ils nous font entrer dans l'Âge des Entrepreneurs. Cette époque où les VCs auraient perdu de leur superbe : avec un coût de création d'une entreprise proche de zéro comme celui de l'obtention d'une validation sur le marché, l'équilibre du pouvoir s'est déplacé pour de bon. Ce n'est plus une question d'investisseurs qu'ils soient issus d'un fond (VCs), informels (angels) ou providentiels ("Super Angels"). Les règles ont changé et nous avons un nouveau roi. Comprendre "l'entrepreneur".

Et pourtant, toujours en Californie, les recettes fiscales grâce à l'impôt sur le revenu ont légèrement augmenté, mais les collectes sur les taxes de ventes et sur les entreprises sont à la traîne d'un montant combiné d'environ 210 million de dollars. L'article du Los Angeles Times annonce au passage que des coupes risquent de se produire dans le système éducatif : les élèves pourraient perdre 7 jours de cours dans certains districts.

Bien sûr, les entrepreneurs d'ici et d'ailleurs se bougent, ils ont la "gnaque". D'ailleurs certains ont une solution à ce problème précis, elle s'appelle Espérance banlieues : des écoles implantés dans des quartiers difficiles, hors contrat, peu chères (la somme relativement modique de 750 euros / an) et issues d'un réseau traditionaliste et ultra-libérale où l'on peut trouver des anciens des Frères hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, des donations privées issus de la fondation Bettencourt-Schueller ou de la famille Mulliez, le tout cornaqué par Éric Mestrallet, chef d'une entreprise désormais en liquidation.

Bref la société entrepreneuriale serait devant nous. En espérant quand même que ces entrepreneurs aient le temps : car certes ils travaillent plus que leurs salariés; mais pas tant que ça non plus, moins que leurs cadres en tout cas. Et pourtant ça ne suffit pas : élaborer une stratégique est un exercice difficile pour beaucoup d’entre eux par manque de temps, d’outils et de recul sur leur entreprise, leur marché, leur environnement est une ritournelle qu'on entend souvent (au moins chez les conseilleurs patentés). Et on voudrait leur donner notre feu vert pour penser la société entière à 8 ou 15 ans ?

Bien sûr, on sent bien que ça craque de tous les côtés : Trump & Brexit sont les symptômes récents d'un changement de paradigme. Alors pendant que certains réfléchissent pour de vrai à un nouveau pacte social à moyen terme et que d'autres préfèrent payer des think-tanks, des citoyens se prennent par la main avec d'autres armes : avec des pinceaux, ils tracent les pistes cyclables dont ils ont besoin sur les routes de leur quartier et dans leurs villes; avec des graines ils s'inventent apprentis jardiniers, adeptes de la guérilla jardinière & potagère ou des incroyables comestibles d'ici ou d'ailleurs. Et que dire des urbanistes citoyens de Strong Towns ou de l'APU de Fives. Et aussi des créateurs de monnaie ou de pound. Ce sont les mille fleurs qui doivent éclore avant de refaire société comme l'a si bien montré le film Demain... Aussi pourrions-nous plus modestement appeler ce moment, celui des entreprenants ?

Quelques pistes de réflexion complémentaires sur la "Comment la France a tué ses villes"

vendredi 28 octobre 2016 :: perrick :: Espace urbain :: 2 commentaires :: aucun trackback

Monsieur Olivier Razemon,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre dernier ouvrage : Comment la France a tué ses villes. Je profite donc que vous soyez encore en vie - ce qui n'est plus le cas de Jane Jacobs - pour ajouter quelques remarques à cet ouvrage remarquable.

Pourquoi parler de cette américaine naturalisée canadienne morte en 2006 ? Outre le fait qu'elle a largement stimulé mes réflexions récentes sur l'économie de ville, j'ai l'impression qu'elle transparaît aussi en creux dans votre ouvrage. Ainsi dans un chapitre intitulé Mobilité piétonne universelle, vous attribuez à Frédéric Héran le résumé Les yeux de la rue. Comment oublier qu'il s'agit là d'une de ses remarques les plus fécondes (en particulier dans son livre Déclin et survie des grandes villes américaines). Tellement emblématique même que c'est devenu le titre d'une de ses biographies. J'en profite donc pour mettre la citation au complet (elle date de 1961) :

Il faut remplir trois conditions pour qu'une rue puisse accueillir dans de bonnes conditions des étrangers au quartier et être en leur absence un endroit où règne la sécurité, comme c'est le cas dans les quartiers des grandes villes qui fonctionnent bien.

Premièrement, le domaine public et le domaine privé doivent être clairement départagés. Il ne doit pas y avoir d'interpénétration entre les deux comme cela arrive si souvent dans un tissu de banlieue ou dans les grands ensembles.

Deuxièmement, il doit y avoir des yeux dans la rue, les yeux de ceux que nous pourrions appeler les propriétaires naturels de la rue. C'est pourquoi les façades des immeubles d'une rue destinée à accueillir des étrangers au quartier et à assurer leur sécurité en même temps que celle de ses habitants doivent obligatoirement comporter des ouvertures donnant sur cette rue. Ces façades ne doivent pas être aveugles et présenter des murs sans fenêtres.

Troisièmement, la rue doit être fréquentée de façon quasi-continue, à la fois pour augmenter le nombre des yeux en question, et pour inciter les occupants des immeubles riverains à observer les trottoirs en grand nombre. Peu nombreux en effet sont les gens qui se livrent à l'exercice qui consiste à s'asseoir sur un perron ou regarder par la fenêtre pour contempler une rue vide de passants. Alors qu'énormément de gens se distraient à bon compte en observant de temps à autre ce qui se passe dans la rue.

Je vous invite au passage à lire - si ce n'est pas déjà fait - l'ensemble de son oeuvre. Et au passage, un autre de ses apports - peut-être plus indirect - aura été la création de ses fameuses balades urbaines que vous racontez dans le chapitre La force du diagnostic : ces visites architecturo-urbanistiques ont d'ailleurs pris le nom de Promenades de Jane un peu partout sur la planète.

Toujours outre-atlantique, probablement parce que la dégradation des villes y est plus forte encore, je vous invite à découvrir les travaux de l'association Strong Towns. Il s'agit un média américain associatif qui suit une approche intéressante :

Le dernier point est tout à fait crucial dans leur démarche et permet d'établir des diagnostics plus sévères encore, en particulier sur le coût réel de l'entretien des routes. On comprend alors pourquoi une de leur campagne du moment s'appelle No New Roads et pourquoi nos géants de la grande distribution attendent toujours que le nouveau rond-point soit en place pour s'installer. Ou comment la jolie impasse qui mène au coeur d'un lotissement construit dans les années 1980 présentera 40 années plus tard des trous, des bosses et autres nids de poule : tout nouveau ménage s'installant dans cette douzaine de maisons devrait payer chaque année 21 euros supplémentaires (par rapport aux autres habitants de la ville) pour entretenir ce bout d'impasse "privatif"; à moins qu'un peu de dette soit passée par là et qu'on décale le problème de quelques années encore ou qu'on fasse payer l'addition aux autres habitants.

Parallèlement le Congress for the New Urbanism (CNU) - une autre association pluridisciplinaire (on y trouve des urbanistes, des architectes, des artistes, des artisans, des activistes, etc.) - dresse de son côté un portrait régulier des périphériques et autoroutes "sans futur" : la Nouvelle-Orléans, Syracuse New York City, Toronto, Buffalo, Rochester New York, St. Louis, San Francisco, Detroit ou Long Beach sont dans leurs radars depuis 2014. Son pendant en France, membre du "Conseil Européen des Urbanistes (ECTP-CEU)", la Société Française des Urbanistes, est réservé aux professionnels expérimentés dans la planification urbaine, la composition et l’application des plans d’aménagement de territoires et d’urbanisme. On est encore loin d'une société civile épanouie.

Dernier point, grâce aux travaux d'Hélène Yildiz et de Sandrine Heitz-Spahn (de l'Université de Lorraine), on découvre des corrélations entre civisme local et achat en centre-ville : plus un individu est investi au sein de sa commune, plus il privilégie les commerces en centre-ville. Si on considère que les monnaies locales complémentaires - désormais citoyennes - sont un marqueur possible d'un attachement civique à son territoire, on comprend peut-être mieux le pari d'un ville comme Boulogne-sur-Mer avec ses bou-sols. Bref j'ai l'impression qu'il y a entre démocratie et urbanité des liens à creuser : peut-être pour un prochain ouvrage ?

En tout cas un grand merci pour cette lecture stimulante et passionnante : les commentaires pas toujours bienveillants sous vos billets traitant de ces sujets montrent à quel point le travail pédagogique est loin, très loin, d'être arrivé à son terme.

Et si par défaut on ajoutait la piste cyclable

mardi 4 octobre 2016 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

Le quartier d'Euratechnologies continue de vivre des mutations. Parmi les dernières en date, des rues (comme la rue Copernic) qui sont passées en sens unique.

D'une voie dans laquelle les voitures se croisaient plus ou moins facilement, on est arrivé à une rue large où il y a largement la place d'ajouter la piste cyclable à contre-sens. Et d'autant plus que le prolongement de cette rue - la rue des Templiers - a déjà son contre-sens pour cyclistes...

Il faut pourtant avouer que ce ne sont pas les vélos qui manquent à Euratechnologies : le matin vers 9h10, il n'y a plus de places sur les anneaux les plus proches de l'entrée et la zone V'lille est saturée.

J'ai imaginé que les peintres en sol n'avaient dans leur camionnette que du blanc le jour J. Mais non, il y avait aussi du bleu pour les places handicapées. A quand de la peinture verte par défaut ?

Détour aux établissements Deloffre

jeudi 22 octobre 2015 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

A Lille, entre les travaux à venir à la CCI et ceux déjà entamés de la Poste voisine, il reste encore une boutique sans âge : les établissements Deloffre, spécialiste du porte-mine, du stylo plume et du carnet de voyage. Avec Peggy, nous y avons pris un plaisir sans nom en choisissant l'un et l'autre un stylo plume : un Lamy pour elle, un Kaweco pour moi. Une heure à écouter un passionné nous parler de la qualité de ses produits (allemands ou japonais pour la plupart), des plumes, des encres, des aciers et des conduits dans un tout petit espace de rien du tout avec des boiseries anciennes, un comptoir rétro et un gros matou. Bien sûr on regrettera avec lui la disparition des marques françaises et on partagera à travers lui les visites des usines et entrepôts des fournisseurs. On se félicitera surtout qu'une telle échoppe puisse encore exister. Enfin on croisera les doigts pour les projets immobiliers avoisinants n'y mettent pas un terme prématuré : l'esprit lillois en prendrait un sacré coup.

Lille Dynamic : hôtel d'entreprises

vendredi 3 octobre 2014 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

Il y a 5 ans, No Parking s'installait à Euratechnologies. L'offre disponible sur le marché était plutôt limité : en dehors des classiques 3/6/9 du privé, il n'y avait que La Haute Borne et ses 150 m2 minimum. J'ai découvert aujourd'hui une nouvelle offre côté hôtel d'entreprises : Lille Dynamic. Porté par des acteurs institutionnels (Département du Nord, Lille Métropole, etc.) et des privés (Kic), il s'agit d'un bâtiment pas loin d'un métro (CHR B Calmette) et du pôle Eurasanté (et aussi en zone franche). La particularité : des petits espaces, à partir de 30m2.

Il faut croire que le "public" a enfin compris l'intérêt des espaces de type co-working : on y retrouve une "plage du village" et une souplesse pour les baux. Bref un concept intéressant et innovant en complément d'Euratechnologies. Seul bémol pour l'instant, si la livraison des bâtiments est prévu pour novembre 2014, le site web n'existe pas encore. Les seuls liens disponibles sont donc ceux du bailleur : Batixia en octobre 2013.