Book Club Lean : quelques notes en vrac

vendredi 27 mars 2020 :: perrick :: Lean :: aucun commentaire :: aucun trackback

Hier soir, j'ai eu l'occasion d'assister au premier Book Club de l'Institut Lean France. Les échanges entre Michael Ballé et Anne-Lise Seltzer à propos du livre Le Lean au service du client de Dan Jones et Jim Womack furent l'occasion pour moi de découvrir la réception qu'a eu l'ouvrage à sa parution (il y a 15 ans déjà) et le côté révolutionnaire de son focus sur la non-valeur côté client (ou utilisateur). Lors de ma première lecture, j'en avais retenu en particulier quelques idées percutantes sur les conditions d’une relocalisation industrielle (et avec le coronavirus, on en aura besoin).

Pour compléter leurs propos, quelques articles pour prendre d'autres tangentes...

  1. Waiting Lines Are a Threat to All of Us de Nicolas Colin, sur l'impact terrible que peuvent avoir les files d'attente en contexte de crise sanitaire.
  2. Second developer flew 82 tonnes of medical supplies to China de Kate McClymont, sur ces chinois expatriés qui ont affrété leurs avions privés pour expédier en Chine des tonnes de matériel médical depuis l'Australie, à la fin du mois de février 2020.
  3. Les magasins O'Tera dans la région lilloise qui proposent une parcours client "0 file d'attente" : un concept hybride entre un marché traditionnel (des produits par des producteurs locaux), Ikea (un parcours balisé pour passer devant tous les produits) et Amazon Go (pas de caissière, pas de vendeur, des scannettes, des automates d'encaissement et terminaux de paiements CB).

PS : 30/03/2020, ajout de la vidéo du Book Club

Intervention prévue au Lean Tour Lille 2018 : rendez-vous en février

jeudi 21 décembre 2017 :: perrick :: Lean :: aucun commentaire :: aucun trackback

Cela faisait longtemps que je n'avais pas parlé lors d'une conférence et une fois coutume, ce ne sera pas tellement lié à PHP. Lors du prochain Lean Tour à Lille, je présenterai : Comment j’ai raté le virage du Lean en 2007, puis en 2012. Avant de m’y mettre (enfin) sérieusement en 2017. L'occasion de faire le point sur ce qu'on a fait sous le mot-clé lean chez No Parking depuis bientôt 10 ans. Le temps que cette communauté (et moi surtout) mûrisse un peu.

Lean Tour Lille 2018

Et toute la journée devrait être intéressante : je suis visiblement le seul à bosser dans le numérique. Ce sera l'occasion d'entendre parler de soudure robotisée ou manuelle MIG, MAG et TIG, d'analyse d'amiante, de filtration industrielle ou autres études et mesures sur sites industriels. De quoi se revigorer les neurones...

Des robots et du journalisme à la française

mercredi 27 septembre 2017 :: perrick :: Lean :: aucun commentaire :: aucun trackback

Une des antiennes que Philippe Meyer (que je retrouve avec bonheur sur son Nouvel Esprit public en peau de caste, mais ça c’est une autre histoire) répète à longueur d’émission tient en deux mots : nous aurions en France un journalisme de cour, incapable de faire du simple reportage de terrain et préférant les ragots parisiens. Si son exemple de la semaine parlait de Mme Hidalgo, maire de Paris - que d’autres défendent avec jubilation - c’est la différence de traitement fait aux robots entre les deux rives de l’Atlantique qui m’aura alerté ces derniers temps.

Ainsi le Washington Post décrit dans un long papier du mois d’août 2017 l’arrivée de bras robotisés dans une usine du Wisconsin : chez Tenere, Robot 1 est là non pas pour moderniser la ligne de production, mais plus simplement pour remplacer des ouvriers qui ne viennent pas ou plus. Les raisons sont diffuses : drogue, maladie, dépression, retraite. En plus d’un métier d’ouvrier qui ne fait plus rêver les jeunes et un taux de chômage faible. Alors les robots arrivent en location, $15 de l’heure.

Un peu plus tôt, c’était Fast Company qui proposait un article sur le retour des humains dans les process de Toyota : l’angle est original, et même franchement à contre-courant. Les créateurs du Lean - fidèles à leur tradition du « d’abord des hommes, après des produits » - ne laissent que 8% du travail à des robots : ils ne peuvent améliorer ni leur propre efficacité, ni la qualité de leur travail. Seuls les gens peuvent y arriver. L’exemple cité dans l’article est saisissant : en reprenant (ou re-apprenant) le contrôle sur le processus de fabrication, une usine japonaise a diminué de 10% ses déchets et raccourci de 96% le temps de production des vilebrequins.

Et tout récemment le New York Times s’est aussi fendu d’une exploration dans les entrailles robotisées d’Amazon.

Pendant ce temps Libération propose un numéro spécial sur les « robots tueurs » à venir et des analyses sur des interfaces encore immatures. Même les drones-livreurs ne sont pas pour tout de suite, en France en tout cas (puisqu’en Tanzanie on lance le projet). Pour Le Monde, c’est plus délicat : la recherche montre - quand le serveur répond - surtout des robots de compagnie, un autre "peluche" thérapeutique ou encore chef d'orchestre dans les pages "Idées". Lecteur régulier je me souviens surtout de « débat » : les reportages sont aux abonnés absents (ou presque). Heureusement Le Figaro sauve un peu la mise : on y trouve par exemple en mars 2017 un article sur les robots des champs ou un autre d’avril 2017 sur le robot voiturier à Roissy. Comme s’il ne s’agissait pas d’un enjeu de société majeur, mais juste un luxe d’investisseurs.

Première séance de 5S au bureau : le Seiri par du vide

mercredi 12 juillet 2017 :: perrick :: Lean :: aucun commentaire :: aucun trackback

Aujourd'hui au bureau, ce n'était pas un grand ménage de printemps. Ce fut plutôt une mini-tornade de Seiri : le premier S des 5 (les autres étant Seiton, Seiso, Seiketsu et Shitsuke : une autre histoire de Lean).

Visiblement prendre 2h pour se débarrasser de tout un tas de trucs, ça permet de faire un peu de vide, de se reposer des questions d'organisation...

Première étape, nous avons fait deux tas : "à supprimer" et "en suspens". En tant que gérant, j'avais le privilège d'utiliser directement le premier. Heureusement le reste de l'équipe a vite compris que le deuxième allait fondre comme banquise en 2017.

Après avoir dégager les cds (veilles sauvegardes, pilotes de matériel depuis longtemps obsolète, boîtes vides et disques vierges), ce fut le tour des tours : elle ne servait plus que pour les post-its neufs.

Troisième temps, le tri : certains trucs ont été récupérés par les uns et les autres, le recyclable s'est retrouvé dans les sacs verts ou des cartons, le non-recyclable dans les noirs et les composants électriques ou électroniques dans un coin (prêt pour la déchetterie). La parenthèse ouverte vers 14h30 pouvait se refermer tranquillement avant le tea time.

Ce fut aussi l'occasion de passer un coup d'aspirateur un peu plus appuyé, d'agrandir le coin repas, de déplacer quelques plantes, de nettoyer des claviers, de remplacer une multi-prise par une autre plus grande, de regrouper les fournitures neuves, d'agrandir l'espace dédié aux archives, etc.

C'est d'ailleurs la question des archives qui m'aura le plus marqué : les cédéroms qui n'avaient jamais servi ne serviront plus jamais. Par contre les boîtes d'archives avec tout la paperasse, classée mois par mois, attend à l'abri un transfert aux archives nationales du travail.

Le Lean continue de me surprendre

mercredi 5 juillet 2017 :: perrick :: Lean :: aucun commentaire :: aucun trackback

Cela fait maintenant un trimestre qu’on a lancé notre démarche Lean chez No Parking. Aux premiers jeux lancés au démarrage (par jour : 6 tickets et une contre-mesure sur un problème; par semaine : un nouveau client), se sont ajoutés des nouveaux exercices (par semaine : un coup de fil à un client récent; puis le dernier par trimestre : un projet kaizen pour chacun).

Le nombre de tableaux dans les bureaux suit la même courbe croissante. Il y a une zone pour les informations qui changent tous les jours.

le panneau pour tous les jours

Une autre pour les tableaux au rythme plutôt hebdomadaire ou mensuel.

le panneau pour toutes les semaines ou les mois

Et une troisième où arriveront les tableaux trimestriels (et plus).

le futur panneau pour tous les trimestres

Mais derrière toute cette mécanique de kaizen, d’amélioration continue, de 6 étapes, de 5 pourquoi, de PDCA (ou PISCAR), de lead time - pour ne citer que les trucs qu’on a commencé à explorer - je suis toujours surpris par le côté systémique que révèle ces travaux pratiques réguliers.

Prêt pour un exemple ?

Certains nouveaux comptes n’arrivaient pas à se connecter sur leur instance Opentime. L’email avec les codes d’accès partaient bien mais visiblement Google, Microsoft & Co ont réussi à rendre la vie tellement dure aux spammeurs que pour nous aussi c’était devenu difficile d’assurer d’une réception correcte. Après avoir découvert (puis corrigé) une série de problèmes grâce à Mail-tester puis ajouté un lien de connexion automatique (avec jeton temporaire), on a décidé d’arrêter la création des comptes en asynchrone (avec une latence de 2 minutes environ) pour revenir à une création synchrone. L’attente est désormais réduit à moins de 10 secondes : le temps de traiter le formulaire d’inscription, d’afficher une page de transition et de basculer vers l’instance nouvellement créée. Le résultat est satisfaisant : on reçoit beaucoup moins de message d’emails perdus et de mots de passe oubliés. Mais le véritable succès est ailleurs : tous les comptes ouverts sont désormais très vite testés. Au moins quelques clics, au moins quelques minutes. Et un nouveau problème apparaît aussitôt : comment mieux convaincre les prospects qu’ils sont effectivement en train de tester le bon logiciel pour leur besoin ? Du lac et des rochers qu’ils disaient…