Du souffle sur un petit écran : Akeji et Asako Sumiyoshi

lundi 13 mai 2024 :: perrick :: Connexe(s) :: un commentaire :: aucun trackback

Je ne sais plus quand je suis allé au cinéma pour la dernière fois. Bien avant le Covid en tout cas, probablement au milieu des années 2010. Ce qui s'en rapproche le plus reste de temps en temps un film d'animation avec les enfants sur le vidéo-projecteur apporté du bureau. Mais il y a une semaine j'ai sorti ma CB pour m'offrir une séance sur petit écran.

Magie de mes errances numériques, j'avais découvert l'existence d'un documentaire sorti en salle en 2019 sur un Trésor Vivant - cette fois maître de sabre et de calligraphie - que le Japon produit et honore : Akeji, le souffle de la montagne.

Un gros rhume m'offrait une de ces soirées vides et creuses, où le temps s'étire aussi facilement que le corps peine à prendre son espace habituel. Lent et fourbu il exige repos, calme et tisane bien chaude. Et c'est alors que la Forêt, le Vent, les Esprits m'ont envahi. Le vieux couple japonais isolé dans sa montagne dégageait tellement de sagesse, leur simplicité transperçait le temps et mes urgences, j'étais conquis.

Un dessin de Akeji flottant au vent

J'avais déjà fabriqué des encres avec les filles : j'en suis sorti avec l'envie renouvellé de percer les couleurs cachées dans les baies, les noix ou les écorces tout autour de la maison. Il faudra aussi (re)goûter aux secrets des forêts de la vallée d'Himuro à travers de celles que traverse l'Aube ou l'Automne et persévérer avec le sabre quand la lame, aussi souple que menaçante, découpe l'air et astreint au respect.

Forcément j'arrive trop tard pour sa grande exposition à Paris au musée Cernushi (c'était en 2022 - 2023) ou celle à la Biennale d'Autun (encore plus lointaine, en 2017).

Il me reste bien une question : pour ses idéogrammes blancs, a-t-il trouvé des pigments dans ses montagnes (avec du gypse ? du titane ?) ou bien réussit-il à me subjuguer avec un masque qui disparaitrait une fois immergé dans la rivière ? J'attends désormais la prochaine exposition pour pouvoir apprécier ses oeuvres "en vrai" et commencer à échauder de nouvelles hypothèses. Pour partager mon impatience, il ne reste qu'un peu de sagesse à semer...

Il faut en laisser [des baies] pour les corbeaux et les ours

Note : ce documentaire de Mélanie Schaan et Corentin Leconte est disponible sur la plateforme Tënk.