The big European sort? The diverging fortunes of Europe's regions

jeudi 9 mai 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Le Centre for European Reform publie une étude sur le sort des régions européennes :

The most important question is: what makes a successful region? With a new regression analysis, we show that high productivity levels in regions are associated with three factors: they are part of – or geographically close to – successful cities; a larger proportion of their workforce are graduates; and their populations are younger. The association of a high share of graduates with productivity levels is also rising over time. This will, in turn, encourage more young graduates to move to places that are already successful.

Et laisse en suspens le dilemme : les pouvoirs publics devraient-ils essayer d'investir dans des zones en déclin relatif, d'endiguer le départ de personnes hautement qualifiées et de s'attaquer à la frustration des personnes laissées pour compte ? Ou devraient-ils investir davantage dans les compétences, le logement et les transports pour faciliter l'installation des personnes dans les villes prospères ? Si ces derniers peuvent conduire aux gains de productivité les plus importants, ils risquent de durcir au passage les lignes de fracture politique sur le territoire européen. La crise des gilets jaunes est bien sûr un cas d'école.

The Hamming Question

mercredi 8 mai 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Raemon laisse une trace sur LessWrong pour partager la question de Hamming :

Over on the other side of the dining hall was a chemistry table. I had worked with one of the fellows, Dave McCall; furthermore he was courting our secretary at the time. I went over and said, "Do you mind if I join you?" They can't say no, so I started eating with them for a while. And I started asking, "What are the important problems of your field?" And after a week or so, "What important problems are you working on?" And after some more time I came in one day and said, "If what you are doing is not important, and if you don't think it is going to lead to something important, why are you at Bell Labs working on it?"

Un petit truc donc pour les chercheurs dans l'âme...

Base « Demande de valeurs foncières »

jeudi 2 mai 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Etalab publie la base « Demande de valeurs foncières » :

La base de données « Demandes de valeurs foncières », ou DVF, recense l’ensemble des ventes de biens fonciers réalisées au cours des cinq dernières années, en métropole et dans les départements et territoires d’outre-mer — sauf à Mayotte et en Alsace-Moselle. Les biens concernés peuvent être bâtis (appartement et maison) ou non bâtis (parcelles et exploitations). Les données sont produites par Bercy, c’est-à-dire par la direction générale des finances publiques. Elles proviennent des actes enregistrés chez les notaires et des informations contenues dans le cadastre.

Au delà de l'importance de l'ouverture d'une nouvelle base de données d'administration, je tire un coup de chapeau à Marion Paclot puisque c'est son compte GitHub qui est "maître" sur ce projet et à toute l'équipe pour avoir intégré un Framaform pour faire remonter les avis... Content de voir que nos impôts permettent des trucs aussi inspirants au sein de l'administration.

Lunch with Alan Kay: how to become educated enough to invent the future

lundi 29 avril 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Steve Krouse évoque une longue discussion avec Alan Kay sur son blog :

Also like Bob Barton, Alan spent most of the lunch very kindly intellectually destroying me, smacking me around, and pointing out how much more I have to learn in order to do good work. I have met only a handful of people in my life who can give me such brutal criticism but in a way that feels supremely constructive.

C'est simple, dès que je vois le mot Alan Kay quelque part, je vais lire ou regarder la vidéo (la dernière, c'était The Best Way to Predict the Future is to Create It. But Is It Already Too Late?). Toujours avec grand plaisir. Cet extrait fait écho à une autre vidéo, celle de Nampachi Hayashi que j'ai regardée ce week-end. J'y ai retrouvé la même technique : toujours laisser son padawan sur un coup de pouce afin qu'il puisse reprendre le chemin de l'apprentissage.

The Future of the Zend Engine and the Zend Framework

vendredi 26 avril 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Zeev Suraski dans son blog :

As all of us still care very much both about PHP as well as the Zend Framework ecosystem, one of the options we're evaluating is finding a new home for these contributions, to keep both our planned contributions to PHP 8 and beyond on track, and the ongoing development of ZF and Zend Expressive thriving. One of the reasons for this announcement - which is coming well ahead of our actual departure date - is to explore this possibility.

C'est une sacrée page de l'histoire de PHP qui va se tourner : Zend aura été une société pivot dans mon écosystème pendant de longues années. J'espère de tout coeur que cette fine équipe (dont Dmitry Stogov, Matthew Weier O'Phinney et Enrico Zimuel) trouvera un point de chute accueillant pour tous ses projets.

Nothing Fails Like Success

vendredi 19 avril 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Jeffrey Zeldman dans A List Apart :

And internet investors don’t want a modest return on their investment. They want an obscene profit right away, or a brutal loss, which they can write off their taxes. Making them a hundred million for the ten million they lent you is good. Losing their ten million is also good—they pay a lower tax bill that way, or they use the loss to fold a company, or they make a profit on the furniture while writing off the business as a loss…whatever rich people can legally do under our tax system, which is quite a lot.

Retomber sur un article de Jeffrey Zeldman (via Tristan Nitot) après toutes ces années, se sentir vieux d'un coup (lui aussi faisait parti de mes lectures à l'époque où j'étais webmaster) et partager - encore une fois - l'amer constat de la pollution du gratuit par l'industrie financière. Constater au passage que Basecamp est encore la référence pour une entreprise du numérique qui montre un autre chemin. Se dire qu'on a de la chance de lire un bouquin sur Enspiral et de se projeter dans le prochain de Damazio.

MiniBigForest, forêts urbaines participatives

lundi 15 avril 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Stéphanie et Jim parlent de leur MiniBigForest :

Inspirés par la méthode Miyawaki, nous concevons des forêts urbaines à haut potentiel de biodiversité, de captation carbone, et de lien social, que nous plantons avec des équipes bénévoles sur tous vos sites (friche, terrain vague, pelouse, parking, cours d’école, projets urbains, etc…).

Pour appuyer mon sentiment profond que que même la sauvegarde de la bio-diversité passera par les villes (et non par les campagnes). Comme à Budapest, à Melbourne ou à San Francisco...

Japan’s Economy Is Getting a Lot of Things Right

vendredi 12 avril 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Noah Smith dans Bloomberg Opinion :

In Tokyo, 1-in-8 young people coming of age in 2018 was foreign-born. That’s a startling increase in diversity for a historically homogeneous nation. But so far, Japan is embracing the change -- in a recent Pew poll, Japan was the only country surveyed where more respondents said they wanted to increase immigration than wanted to decrease it. Without Abe’s leadership, it’s not at all clear this shift would have happened.

Un nouvelle éclairage sur le Japon et c'est une des idées pré-conçues que j'avais sur l'île qu'il faut revoir : la demi-vie de son homogénéité est en train d'expirer. À compléter par le très bon podcast du Nouvel Esprit Public : Derrière l'affaire Carlos Ghosn #83 (pendant lequel j'ai eu l'intuition que notre Toyota à nous était en fait Michelin).

L'abandon des territoires périurbains est une légende

jeudi 11 avril 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Jacques Lévy interviewé dans La Gazette des Communes :

L’abandon des territoires périurbains est une légende. Une antienne des sénateurs et des élus des zones à faible densité qui bénéficient plutôt du système, mais trouvent que ce n’est jamais assez. Contrairement à ce que dit Christophe Guilluy, ce sont les contribuables des grandes villes qui paient pour les autres.

Un écho franco-français aux travaux de Strong Towns et d'Urban 3 qui montrent à quel point les banlieues périurbaines sont effectivement subventionnés par les centres urbains (riches et pauvres) via la puissance publique. A commencer par le réseau routier, absolument vital (ou pas) pour son mode de vie.

Filling a gap: the clandestine gang fixing Rome illegally

mercredi 10 avril 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Giorgio Ghiglione dans The Guardian :

The seven clandestine pavement-fixers are part of a network of about 20 activists quietly doing the work that the city authorities have failed to do. Gap stands for Gruppi Artigiani Pronto Intervento, (“groups of artisan emergency services”) but is also a tribute to the partisans of Gruppi di Azione Patriottica, who fought the fascists during the second world war.

Une intervention de guérilla urbaine - cette fois-ci à Rome - dans la lignée du groupe Untergunther qui répare clandestinement le patrimoine parisien, du Guerrilla Groundsman qui officie autour de Cambridge ou encore de Liam Wildish qui nettoie les panneaux de signalisation de Retford (près de Nottingham) sur son temps libre. De belles illustrations de la défense des communs.

How I Eat For Free in NYC Using Python, Automation, Artificial Intelligence, and Instagram

mardi 9 avril 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Chris Buetti sur Medium :

I’m going to explain to you how I’m receiving these free meals from some of the best eateries in New York City. I’ll admit — it’s rather technical and not everyone can reproduce my methodology. You’ll either need a background in Data Science/Software Development or a lot of free time on your hands. Since I have the prior, I sit back and let my code do the work for me. Oh, and you guessed it, you’ll need to know how to use Instagram as well.

Un hack dans toute sa splendeur...

“Birmingham isn’t a big city at peak times”: How poor public transport explains the UK’s productivity puzzle

lundi 8 avril 2019 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Tom Forth dans CityMetric :

Our hypothesis is that, by relying on buses that get caught in congestion at peak times for public transport, Birmingham sacrifices significant size and thus agglomeration benefits to cities like Lyon, which rely on trams and metros. This is based on our calculations that a whole-city tramway system for Birmingham would deliver an effective size roughly equal to the OECD-defined population.

On peut probablement estimer que l'article confond causalité et corrélation ou même qu'il inverse cause et effet, n'empêche qu'il pose des questions qui fâchent aussi à Lille où on attend toujours une nouvelle ligne de métro ou de tramway... Peut-être y aurait-il un moyen de rattraper Toulouse ?

Bon vent, Monsieur Pierre Lazuly

mardi 26 mars 2019 :: perrick :: Connexe(s) :: aucun commentaire :: aucun trackback

J'apprends à l'instant la mort de Pierre Lazuly, Monsieur Pierre Lazuly. Je dis bien « Monsieur » parce que sa plume, à travers les Chroniques du Menteur et quelques articles au Monde Diplomatique, avait le don de toucher l'essence de notre réseau internet. Pierre angulaire du web indépendant de la grande époque (au tournant des années 2000) il l'aura marqué de son empreinte : SPIP, le manifeste du web indépendant, Rezo.net, Chronic'Art et tant d'autres blogueurs.

Si nous avions échangés quelques emails entre 1998 et 2003, c'est l'invitation que je n'ai jamais pu honorer (sa Bretagne n'était pas si loin de mes grands-parents à l'époque) qui reste coincé quelque part au milieu de la gorge. Il y a des voyages sans retour. Bon vent, l'ami. Tes chroniques nous restent encore un peu.

Audierne : un port en façade

samedi 23 mars 2019 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

En déambulant dans le port d'Audierne, je distingue bien les activités butinantes des passants et des riverains. Le long du quai alternent boulangeries, restaurants, boutiques déco, bar-tabac-presse et poissonnerie jusqu'à la mairie. L'office du tourisme et les halles complètent le paysage. Tout comme le grand marché du samedi matin.

Seule tache sur le tableau, un ancien Gitem attend son repreneur : probablement trop grand pour le démarrage d'un indépendant, certainement trop petit pour attirer un concurrent au Leclerc et au Lidl quelques centaines de mètres plus loin. Il attend sûrement que les années passent et qu'un repreneur ait enfin la sensation de faire une bonne affaire en divisant la surface commerciale pour y placer plusieurs échoppes ou services. Je ne suis pas certain qu'une crèche puisse y trouver son compte : les naissances qu'on fête dans le coin viennent plutôt de l'Aquashow et la crèche itinérante peine à continuer vaille qui vaille.

Derrière ce rideau alléchant, les boutiques ont déjà fermées : dès que l'océan se retrouve caché par une bâtisse, l'activité économique disparaît. Et comme les résidences secondaires veulent aussi leur panorama imprenable, la petit ville continue de s'éteindre et de se diluer. Et de se plaindre qu'on n'avance plus, qu'on n'arrive plus à se garer, etc.

Restent aux urbains l'opportunité de reprendre la capitainerie pour en faire un espace de co-working & surf et de transformer de vieux hangars en magasin bio (avec ses 60 places de parking).

Les résidents permanents préfèreront sans doute investir dans un lotissement gagné sur des terres agricoles : les médecins y sont déjà, la pharmacie s'implante bientôt. Les concessionnaires automobiles sont à deux pas. Et les vélos, tout juste tolérés, tant qu'ils n'empiètent pas sur l'entrée du lotissement en question. La voie verte, c'est pour les touristes : elle passe le long de l'océan, pas sur les hauteurs.

Saint Malo : une modernité en cours de ré-invention

mardi 12 mars 2019 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

Si la ville de Surcouf ou de Cartier a été à la pointe de la technologie, c’était il y a bien longtemps, quand l’argent du Pérou arrivait par l’intermédiaire de Cadix. Reste désormais une vieille ville de pierre qui fait la joie des touristes : dans ce dédale tracé au XVIIIe siècle, rares sont les bâtiments contemporains. A peine une extension deci delà. La reconstruction a bien eu lieu « à l’identique » après les affres de la Seconde Guerre Mondiale.

Le XXIe siècle s’installe tout de même avec son cortège de restaurants et de petits producteurs (bio, locaux, végétariens, sans gluten, etc.).

Pour les autres commerçants, c'est beaucoup plus mitigé. S'il y a bien trois magasins de jeux pour enfants en plus des enseignes classiques de la mode, les coiffeurs partent les uns après les autres laissant une place au barber shop. Et pour l'informatique, des nuages aussi sont arrivés. Le livre tient un peu plus longtemps. Reste à savoir comment le Village des Marques qui semble pointer le bout de son nez pourrait rebattre l'équilibre précaire entre touristes et locaux.

L’ « Intra-Muros » a vu les services publics le quitter : de la Banque de France ne survit que les plaques derrière une grille et la grande Poste a été transformé en appartements. Pour les colis, c’est le tabac qui a pris le relais. Tandis que le nouveau poste de police s’est installé en face d’un supermarché et de ses parkings, les habitants se plaignent de voir migrer les commerces de proximité vers la gare TGV et son pont vers Paris. C’est bien sûr là-bas que s’est installé Digital Saint Malo.

Et si les voitures n’ont pas encore été exclu formellement de la ville (on les préfère quand même en dehors de l'hyper-centre, sauf pour payer des contraventions), les piétons sont rois et les cyclistes invités à laisser leurs montures à l’extérieur des remparts. D’ailleurs les rares vélos cargos ressemblent plus à des totems publicitaires qu’à des moyens de déplacement.

Les aspirations de nos contemporains (plus de santé, plus de vert, moins de pesticides, moins de béton) transparaissent aussi bien au bord de la piscine de mer - vive le bain du 24 tous les jours de décembre - qu'au gré des fenêtres.

Le port s’est construit une niche : loin des méga-porte-conteneurs, ici débarquent du bois de Finlande ou de Russie, du minerai et du phosphate en vrac. On ne pourra pas faire plus de toute manière : les quais sont encastrés entre l’ « Intra-Muros » et les quartiers plus récents. Par contre il faudra peut-être dans pas si longtemps faire autre chose : ce fameux phosphate, si utile pour l'agriculture intensive, commence à faire parler de lui.

Reste à voir si la météo de long terme ne mettra pas tout le monde d’accord : les quelques centimètres de mer à venir laisseront bientôt leurs traces. Pour l'instant on prend des mesures, sur du matériel américain.