De la virtualité du système politique aux USA

vendredi 16 octobre 2020 :: perrick :: Connexe(s) :: aucun commentaire :: aucun trackback

Rarement l’écoute d’un podcast, en l'occurence un épisode des « Venture Stories » History Has Begun with Bruno Maçães, n’avait autant secoué mes quelques neurones de plouc en province : et si la virtualité du système politique états-uniens n’était pas un bogue, mais une fonctionnalité. C’est la thèse pour le moins originale de Bruno Maçães, un homme politique portugais aussi à l’aise sur les routes de la Soie que dans la Silicon Valley. Je le connaissais un peu pour ses essais sur la Chine et il revient avec un livre - que je n’ai pas encore lu - sur l’Amérique du XXIe siècle : History Has Begun. Pour (mal) résumer une phrase sa pensée, la virtualité permet d’aller plus loin dans les expériences de chacun. On peut jouer à se faire peur avec un dictateur fasciste comme Trump ou profiter de Twitter pour plonger dans une pseudo-révolution « woke », mais sans les coups et ni les blessures. Au passage, cette virtualité permet aussi de s’affranchir du libéralisme (avec son cortège de contraintes universalisantes) pour construire ses histoires et les partager à son petit monde, sans être rattraper par une réalité bien trop terre à terre.

History Has Begun - Bruno Maçães

Bien sûr en quittant le monde des faits partagés, les communautés américaines s’approchent dangereusement de l’attracteur « hors-sol » si cher à Bruno Latour. Un deuxième contre-point à cette théorie politique (que Bruno Maçães accepte donc comme falsifiable, puisqu’il est surtout chercheur en sciences politiques) se loge dans le travail d’enquête que Paul Jorion effectue depuis son Morbihan d’adoption sur son pays de coeur. Avec un long passage en Californie, une expérience de psychanalyste et un bagage d’anthropologue, il propose une analyse circonstanciée de la « météorite Trump » : entre kompromat russe, haute trahison et sédition sudiste, il détecte un véritable proto-fascisme dans ce personnage de télé-réalité à l’ego hypertrophié et au charisme certain.

Haute Trahison - Paul Jorion

Entre ces visions et constructions intellectuelles aussi opposées qu’argumentées, les élections du 3 novembre 2020 devraient permettre d’y voir un peu plus clair : la réalité pourrait finir par rattraper l’une ou l’autre. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut s’attendre à un dénouement en théorie politique à si brève échéance…

Le BUT de l'entreprise n'est pas de gagner de l'argent - l'argent est le RÉSULTAT

mardi 15 septembre 2020 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

A enfoncer des portes ouvertes, on découvre parfois des terrains vierges à reconquérir. La réappropriation de l'entreprise se fera aussi avec des concepts : c'est des mains des financiers qu'il faut la reprendre...

Le BUT de l'entreprise n'est pas de gagner de l'argent - l'argent est le RÉSULTAT. Le BUT de l'entreprise est de faciliter ou d'enrichir la vie des CLIENTS en donnant du SENS aux employés en les engageant dans leur travail et les impliquant dans leurs équipes et la confiance dans un projet commun.

Michael Ballé démonte au passage un raccourci mortifère : si on manage par augmenter les revenus et réduire les dépenses on étrangle les flux et au final, on perd de l'argent.

PS : la beauté de la tirade se mesure aux commentaires sur LinkedIn.

Huit bouquins lus, la vingt-septième vague

dimanche 30 août 2020 :: perrick :: Livres :: aucun commentaire :: aucun trackback
  1. Les ardents par Nadine Ribault
    Dans une campagne du Nord de la France sévit une bien étrange maladie : le mal des Ardents. Au milieu des bruyères, il y a aussi un château, des intrigues et des passions. Un univers d’amour courtois et de confinement sanitaire où s’entremêlent une châtelaine au cœur sec, un fils aguerri aux combats, une épouse recluse, des amis déchirés et un berger coquin dans une prose fine et précieuse. livres.onpk.net
  2. Et s’il était possible d’être un parent équilibré par Anne-Sophie Thiry
    Même avec deux petites filles extra, il n’est pas toujours si simple de désamorcer les crises, de répondre calmement et d’accompagner avec une douceur constante et une empathie intense. Ce livre propose des outils concrets pour tenter d’y arriver. J’y ai aussi pioché quelques trucs : se baisser au niveau de l’enfant (en se mettant à genoux par exemple) quand on doit expliquer quelque chose d’important, les féliciter pour chaque cap d’apprentissage (les premiers pas, les premières siestes sèches, etc.) et aussi pour les petites joies du quotidien, reformuler les débordements de colère pour désamorcer le trop-plein d’émotion en cas de crise (le vocabulaire n’étant pas toujours acquis), etc. Les neufs chapitres très didactiques avec résumés réguliers, pistes de lecture et questions d’introspection permettent d’explorer ces questions cruciales (et aux réponses pas toujours aisées, j’en ai bien conscience). livres.onpk.net
  3. The architecture of Community par Léon Krier
    Si Le Corbusier est largement admiré pour la puissance de sa vision architecturale, personne ne regrette que son projet pour Paris (la fameux plan Voisin de 1925) n’ai jamais vu le jour. Et surtout pas Léon Krier : cet architecte et théoricien luxembourgeois a décidé de célébrer l’architecture classique le jour où il a découvert la Cité radieuse de Marseille pour en être aussitôt dégoûtée. Dans cet opus, il livre une critique féroce de la « modernité » en architecture et en urbanisme. Les petites illustrations qui parsèment le livre font systématiquement mouche : la recherche du beau, de la maturité, de la juste proportion devrait être la quête de l’architecte et de son alter-ego urbaniste. On la trouve dans les quartiers du quart d’heure à Paris (sans voiture), la densité de Boucle d’Or (entre 3 et 5 étages, comme pour la tour Eiffel), la mixité bureaux - habitation - loisir (celle qui émerge à Euratechnologies ou à Poundbury). Reste qu’entre les trouvailles d’un Wrath of Gnon pour mettre en avant la magie de la tradition vernaculaire et les volontés d’un POTUS d’imposer un classicisme bling-bling, ce sont bien les Chinois qui construisent en masse pour ce XXIe siècle. livres.onpk.net
  4. Le temps de la haine de Rosa Montero
    J’ai retrouvé la répliquante Bruna Husky dans une enquête terroriste cette fois. La population madrilène bouillonne, chauffée à blanc par un multi-milliardaire au solutionnisme primaire, les habitants de Cosmos dans leur sphère en orbite se préparent aussi. Entre exécutions sommaires et pollution inégalitaire, il reste l’amour, l’amitié et la solidarité d’une famille choisie. Alors qu’il ne lui reste qu’un peu plus de trois années et trois mois à vivre. livres.onpk.net
  5. The Rise and Fall of the Great Powers de Paul Kennedy
    Et à la fin il en restait cinq : la Chine, le Japon, la CEE, l’Union Soviétique et les États-Unis. Auparavant il y avait eu cinq siècles de batailles, de guerres et de combats pour la pré-éminence mondiale. Avant le début, il y avait eu les Empires Ming, Perse, Ottoman, Moscovite, Moghol. Et cette double poignée de petits états européens toujours prompts à se chamailler les uns les autres. Entre ces deux bornes, Paul Kennedy décrit avec précision les forces, économiques surtout, qui expliquent comment chaque nation parvient à son zénith avant d’être rattrapée par une autre, ce passage au « sommet » n’étant toujours qu’une éphémère suspension. La fin, c’est 1987 : l’UE et la Russie n’existent pas encore. Depuis le parapluie US s’est étendu avant que Trump ne siffle la fin de la partie. Et ce que Paul Kennedy notait pour le Japon semble devenir une maxime pour notre XXIe siècle : parfois l’expertise commerciale et la richesse financière ne suffisent plus dans le monde anarchique des politiques internationales de puissance. livres.onpk.net
  6. Disunited Nations de Peter Zeihan
    Il faut être américain pour écrire avec autant de désinvolture un livre de géostratégie : Peter Zeihan l’est assurément. Il peut donc terminer ses paragraphes par des envolés à l’emporte-pièce : « it’s worse than it looks » ou « in a word : outdated ». Reste que l’intérêt d’un pinceau aussi « rough » pour brosser le portrait de onze pays (du Japon aux États-Unis en passant par l’Iran ou l’Argentine) tient dans le point de départ : à l’heure où Washington est en reflux, la géographie et la démographie vont retrouver une importance prépondérante. Et si on le suit, la France pourrait en tirer son parti : entre le Royaume-Uni quittant l’Union Européenne pour s’amarrer aux cousins outre-Atlantique et l’Allemagne à la démographie plombée, elle peut compter sur du nucléaire pour compléter la qualité de ses terres agricoles et la relative bonne tenue de son taux de natalité. Chouette : on devrait pouvoir manger de la viande plus longtemps, continuer à se chauffer par temps gris et calme tout en s’offrant une escapade militaro-minière en Afrique périodiquement. Reste au futur à bien se comporter… livres.onpk.net
  7. Learning to scale de Régis Médina
    En s’appuyant directement sur la maison Toyota - dont le toit est composé de la satisfaction client, de la qualité, du coût et du lead-time, les murs du Just-In-Time et du jidoka et les fondations de la stabilité et du respect (pour les équipes puissent travailler et apprendre) - Régis Médina propose un résumé très orthodoxe de la stratégie Lean. Plutôt orienté pour les sociétés du numérique, cet ouvrage présente l’ensemble des outils qui ont été découvert ou repris au sein des usines Toyota depuis 1937. Avec un mélange de courtes présentations théoriques et d’invitations à la pratique, il permet de se familiariser avec les questions que posera un Senseï. Car celui « qui est né avant » n’apparaît pas dans ce livre, il viendra sur le Gemba de ceux qui iront un peu plus loin et accepteront d’être confronté à leurs idées fausses. livres.onpk.net
  8. Du labeur à l’ouvrage de Laëtitia Vitaud
    J’avais beaucoup d’attente sur ce livre : pour une fois que ma penseuse préférée était citée dans les inspirations d’un livre en français, j’allais peut-être décelé de nouvelles pistes à creuser. Mais finalement non, Jane Jacobs n’apparaît même pas dans la biographie. Reste donc une exploration fine du travail « de proximité » : entre résistance structurelle à la taylorisation et invisibilisation par les pouvoirs en place, ce secteur représente la prochaine frontière de notre pacte sociale. La crise du Covid-19 a bien mis en évidence l’importance de ces travailleurs de la première ligne : ils n’ont pas cessé de travailler pendant le confinement, ils tombent rapidement malades avec la deuxième vague - celle des retours de vacances. Leurs institutions sont encore à venir, reste à voir d’où elles émergeront. Bien sûr le Ségur de la santé n’aura pas été à la hauteur. Et après la tentative avortée du « care » à-la-Martine Aubry, la balle semble désormais du côté des Vert-e-s, si tant est qu’ils puissent saisir cette balle au bond. Heureusement en tout cas que certains combats arrivent à percer la bulle médiatique. livres.onpk.net

TikTok and the Sorting Hat

mardi 4 août 2020 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback
The answer, I believe, has significant implications for the future of cross-border tech competition, as well as for understanding how product developers achieve product-market-fit. The rise of TikTok updated my thinking. It turns out that in some categories, a machine learning algorithm significantly responsive and accurate can pierce the veil of cultural ignorance. Today, sometimes culture can be abstracted.

Eugene Wei met à jour ses schémas mentaux et réussit au passage à me convaincre de l’importance de TikTok : visiblement des tonnes de pub et un très bon algorithme peuvent faire des prouesses.

Je ne savais pas qu'il pouvait y avoir tant de rouge à la plage

mardi 28 juillet 2020 :: perrick :: Perso :: aucun commentaire :: aucun trackback

Est-ce une des conséquences de la campagne de la campagne Nous voulons des Coquelicots ? Est-ce plus simplement un effet secondaire du confinement du printemps ? Toujours est-il que j'ai vu des coquelicots faire émerger leurs quatre pétales papyracés sur des dunes de Lechiagat.

Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat

Comme le rouge n'est pas la couleur que j'associe le plus avec le sable. Je l'ai scruté sur le reste d'une promenade estivale. Voici quelques échantillons collectés le long du sentier des douaniers.

Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat

Bien sûr les humains aussi ont leur mot à dire dans cette ribambelle colorée.

Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat
Du rouge sur la plage de Lechiagat

De bonnes vacances à toutes et à tous...

James Lovelock: 'The biosphere and I are both in the last 1% of our lives'

samedi 18 juillet 2020 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Pendant que notre planète (avec ses changements climatiques) nous demande un effort équivalent à la Seconde Guerre Mondiale, James Lovelock (inventeur d'un système pour de détection de molécule dans des gaz) partage son expérience de centenaire en grand écart.

I always find it fascinating how the statistics illustrate that the health of the nation was enormously better at the end of the second world war than it was at the beginning.

Travailler autrement, perspectives philosophiques

jeudi 16 juillet 2020 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Au sein de l'équipe No Parking, on a lancé début 2020 une grosse réflexion sur l'intégration du télé-travail dans Opentime. La période de confinement a tout accéléré bien sûr. Il devenait donc d'autant plus intéressant de réfléchir à ces notions. Et c'est Peggy Avez qui nous accompagne par une série de billets : le premier de cette série Travailler autrement, perspectives philosophiques s'intitule La liberté de choisir son heure.

Initier, c'est commencer intentionnellement. L'initiative n'est donc pas seulement le choix d'une action, mais le choix du moment où j'entreprends cette action. Le contexte temporel de mon existence détermine mon degré de liberté.

Des vélos de Paris

lundi 6 juillet 2020 :: perrick :: Espace urbain :: aucun commentaire :: aucun trackback

Je regarde les vélos comme d'autres regardent les oiseaux. J'ai profité d'une longue marche à Paris pour compléter ma collection. Et quelle récolte ! Depuis mon dernier passage à la capitale, le braquet a changé.

Est-ce le hasard qui m'a porté le long du Canal St Martin ? Fermé à la circulation automobile, bordé d'un grand nombre de boutiques de cycles, il se prépare à une colonisation par les deux-roues à propulsion musculaire.

Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris

Les pionniers ont laissés des traces parfois militantes, parfois plus artistiques.

Des vélos à Paris
Des vélos à Paris

Les urbanistes ont ajouté la peinture jaune à leur armada technocratique, avec l'appui des gardiens de la paix (l'opération dominicale Paris respire est en cours) et celui des restaurateurs (ils profitent de leurs nouvelles terrasses) : les perspectives sont à l'extension.

Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris

Déjà les aménagements de la première vague disparaissent : les vélos avaient quitté le trottoir, ils vont grignoter d'autres rues.

Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris
Des vélos à Paris

Soutenez Railcoop, pionnier du ferroviaire citoyen français !

mardi 30 juin 2020 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Ce n'est pas souvent que je tombe sur un projet aussi enthousiasmant : une nouvelle ligne de chemin de fer entre Bordeaux et Lyon à l'horizon 2022, portée par une coopérative. Il manque juste le détour par Toulouse (qui pourrait en avoir besoin plus vite encore) et par Lille pour être parfait. J'imagine en même temps qu'il suffira de mettre la main à la pâte (ou au porte-monnaie).

L’ambition de Railcoop est de redonner du sens à la mobilité ferroviaire en impliquant citoyens, cheminots, entreprises et collectivités. Concrètement, Railcoop fera rouler des trains de voyageurs, trains de nuit, trains de fret, qui circuleront sur l’infrastructure existante.

Une affaire à suivre en tout cas...

Journal d’une quarantaine : semaine du 20 au 26 avril 2020

lundi 4 mai 2020 :: perrick :: Quarantaine 2020 :: aucun commentaire :: aucun trackback

Lundi 20 avril

Sur la route du bureau (15 minutes pour arroser les plantes), de quoi rire...

Maddock : nous avons les moyens de vous faire sortir

Mercredi 22 avril

On a regardé Mon voisin Totoro, on regardera Ponyo sur la falaise. Madeleine s'essaie au dessin animé façon très vieille école : de l'aquarelle sur du papier. Cela permet de prendre la mesure du travail titanesque des studios Ghibli sur leurs chefs d'oeuvre.

Dessins qui attendent une animation

Le mot qu'elle avait laissé sur la boîte aux lettres - une idée de Peggy - a eu son petit effet : le facteur a répondu par un petit mot.

Lettre du facteur

Vendredi 24 avril

Petit jeu dans la cuisine : des animaux ont été piégés dans la banquise, il faut les sauver. J'avais pioché l'idée dans un livre de la bibliothèque. Ce repère à grands lecteurs nous manque : si Gisèle découvre encore des livres qu'elle ne connaît pas (ceux de l'aînée), Madeleine a fini de tout lire et relire depuis longtemps.

Piégés dans la banquise

Dimanche 26 avril

Armé de l'application iNaturalist, je suis allé en quête des iris du quartier. Il faudra en planter plus si on veut que les clubs de foot et de tennis soient au niveau de leur nom.

Iris
Iris

Jarvis Cocker & Chilly Gonzales présentent "Room 29" au ARTE Concert Festival 2017

dimanche 3 mai 2020 :: perrick :: Notes :: aucun commentaire :: aucun trackback

Profiter d'une soirée à bidouiller sur du code (on reparlera de ce projet Podek plus tard) pour ré-écouter le Jarvis Cocker qui m'a fait tellement dansé à la fin des années 1990, dans le pub d'Imperial College. Et le découvrir en duo avec Chilly Gonzales pour plus de nostalgie encore.

Jarvis Cocker & Chilly Gonzales

Reste à savoir si leurs expériences & anecdotes de chambres d'hôtel pourront s'enrichir d'ici quelques années...

Journal d’une quarantaine : vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 avril 2020

dimanche 19 avril 2020 :: perrick :: Quarantaine 2020 :: aucun commentaire :: aucun trackback

Les billets s'espacent peu à peu. Le sentiment d'urgence que j'avais à écrire frénétiquement le soir s'est estompé, rattrapé par ce nouveau normal qui s'annonce.

Un atelier couture pour faire des doudous avec de vieux pyjamas, un nouveau spectacle pour des amis en visio, des fleurs qui continuent de s'étendre dans le jardin de l'école où le carré potager attend désespérement qu'on s'occupe de lui.

Atelier doudou
Spectacle en visio
Potager de l'école

Plutôt que de simplement téléphoner en visio avec ses copines, Madeleine explore des possibles avec la tablette. Au lieu de pester sur l'image qui perd parfois en qualité, elle a appris à couper la vidéo périodiquement pour effacer les tâches rouges. Une fois identifiée la caméra - sur le bord à gauche, elle explore ce qui se passe quand elle la recouvre de son doigt, d'un calque ou d'un papier. Avec sa copine, elle a même organisé un échange musicale : chacune avec poste et quelques cds, elles ont alterné leurs découvertes musicales en dansant, et en se promettant d'être plus nombreuses la prochaine fois.

Mais la maladie se rapproche et remplace à l'improviste le ballet des coureurs à pied : en fin de matinée dominicale, Peggy aperçoit une ambulance et un camion de pompiers en bas de la rue. Des soignants masqués, gantés, sur-blousés, lunettés et bottés en sont sortis. Elle n'a pas eu l'occasion d'en savoir plus. Et le conciliabule de 20h entre voisins du haut de la rue n'a pas apporté d'informations complémentaires.

En France, il y avait 152996 cas confirmés, 19718 décès et 37183 guérisons. Et la NHK qui régale tous les fans d'animation japonaise avec une série de 4 documentaires 10 ans avec Hayao Miyazaki, une plongée extraordinaire dans les pas d'un immense artiste.

Journal d’une quarantaine : mercredi 15 et jeudi 16 avril 2020

jeudi 16 avril 2020 :: perrick :: Quarantaine 2020 :: aucun commentaire :: aucun trackback

Hier, pour le traditionnel atelier d'arts plastiques du mercredi, j'ai sorti les aquarelles. C'est une technique que je ne maîtrise pas du tout. On a testé des trucs sur du papier sec. Aujourd'hui, les résultats sur papier mouillé sont plus concluants. Il faudra recommencer : je sens que la technique me plaît.

atelier aquarelle

Autre activité à cheval sur deux jours : un cassoulet pour ce midi. Les lingots avaient trainé trop longtemps dans le placard avant d'être mis à tremper : ils devaient attendre un confinement pour qu'on puisse prendre tout ce temps en cuisine. Une fois la viande sortie du vide, il ne restait qu'à déléguer le boulot au mijotage. Et tant pis pour les filles qui n'ont pas appréciés tant que ça. Peut-être aussi qu'une heure de plus sur le gaz aurait aidé.

figures en trotinette

Les filles explorent de nouvelles figures en trottinettes. Peggy ajoute un nouvel billet chez Simone pour répondre à Maris, 12 ans : Comment peut-on imaginer le rien ? J'arrive à trouver 1h30 pour finaliser un andon dans Opentime (merci Sandrine Olivencia pour l'aiguillon), en attendant de pouvoir tester une cellule (idée glanée cette fois lors du Book Club de Michael Ballé et Anne-Lise Seltzer).

En France, il y avait 147088 cas confirmés, 17941 décès et 33327 guérisons. Et Thierry Crouzet qui ouvre une porte de sortie à ce confinement que semble confirmer des chercheurs italiens.

Journal d’une quarantaine : lundi 13 et mardi 14 avril 2020

mardi 14 avril 2020 :: perrick :: Quarantaine 2020 :: aucun commentaire :: aucun trackback

Gisèle avait exigé son propre ordinateur et continue de l'utiliser régulièrement. Elle tapote des lettres et des images sur son beau clavier en carton. Pour Madeleine, c'est plus compliqué de lui faire comprendre que les ordinateurs sont d'abord les instruments de travail des parents !

L'ordinateur de Gisèle

Hier soir, Peggy avait prévenu : à partir de 20h02, tout le monde aurait le droit de rire. Sauf qu'en annonçant une reprise de l'école à partir du 11 mai, notre président a déclenché une belle colère sur le canapé. Un de nos amis est instituteur, dans sa dernière année avant la retraite. Comment imaginer qu'il puisse repartir travailler dans de bonnes conditions avec une classe d'une trentaine de 3-4 ans ? En tout cas la décision est prise ici : nous recommencerons à déposer les enfants à l'école quand nous jugerons la situation satisfaisante, pas avant. Probablement en septembre.

Le renouvellement des ateliers continue. Même Gribouille a eu droit au sien. Après avoir découvert des vidéos bluffantes de parcours pour chat, les filles ont posé des pièces de bois dans le couloir : notre chatte a fait l'aller-retour sans rien bousculer.

Atelier pour Gribouille

Et pour les filles, aujourd'hui ce fut cercles & ronds avec des bouchons, des verres et un rouleau de scotch (pour Gisèle) et un compas (pour Madeleine). Au final, nous avons eu droit à un joli couché de soleil et un hibou.

Atelier cercles & ronds
Atelier cercles & ronds

Côté jardin, j'ai planté une deuxième rangée de radis. La première datait des tous premiers jours du confinement : les radis ne sont pas encore prêts mais si on veut pouvoir en cueillir en continue, il faut recommencer périodiquement.

En France, il y avait 144411 cas confirmés, 15748 décès et 29098 guérisons. Et une philosophe qui explore la littérature pour enfants sur un nouveau compte Instagram Un Rêve à Soi.

Journal d’une quarantaine : samedi 11 et dimanche 12 avril 2020

dimanche 12 avril 2020 :: perrick :: Quarantaine 2020 :: aucun commentaire :: aucun trackback

Hier j'ai réussi à rater des falafels en sachet. Sur le paquet, il est prescrit d'ajouter de l'eau : j'ai longtemps hésité entre de l'eau froide et de l'eau chaude, entre un verre ou deux. Et puis j'ai commencé par mettre de la froide. Pris de remords, je me suis dis que de la tiède aurait été un meilleur compromis. Le temps d'ajouter de la chaude, qu'il y en avait deux fois plus que nécessaire : nous avons donc mangé des galettes de falafels. Peggy a été assez gentille pour me dire qu'elle les préférait comme ça.

Falafels
Falafels

La Reine des Neiges 2 n'a rien pu faire contre la sonnerie de 20h : nous étions en pleine fuite d'Anna quand l'appel des applaudissements a retenti. Aussitôt Madeleine et Gisèle se sont précipitées dehors pour participer à notre principale vie sociale. Leur énergie est contagieuse, peu à peu de nouveaux voisins sortent sur leur perron.

Ce matin, j'ai aussi réussi à rater des gauffres de Liège, la variété moelleuse, avec du sucre à l'intérieur. La pâte n'avait pas gonflé. Les filles ont été sincères : une bouchée fut suffisante pour préférer la brioche.

La chasse aux oeufs fut un succès plus franc. Les radis et les salades avaient rarement eu autant de visites si tôt après la rosée.

Oeufs de Pâques
Oeufs de Pâques
Oeufs de Pâques

Pendant la sieste, j'ai supprimé une notice qui appraissait ponctuellement dans les logs d'Opentime. Le commit m'a ensuite renvoyé 8 échecs (pour 42116 succès) dans la suite de tests automatisés, ceux du dimanche qu'on ne voit jamais la semaine. J'ai eu droit à une petite dose d'endorphine (ou était-ce de la dopamine) une fois retrouvée la barre verte.

Ce soir, on aménage un peu la maison : le confinement s'est installé et on se prépare doucement à ne plus pouvoir déposer les filles à l'école avant septembre. Thierry Crouzet avec ses scénarios de sortie de confinement me semble bien optimiste. D'autant plus qu'un déconfinement sans école ne me servirait qu'à aller courir plus souvent : il faudra encore nous occuper des filles tous les jours.

En France, il y avait 133667 cas confirmés, 14412 décès et 27469 guérisons. Et Peggy qui me fait découvrir les albums de Chilly Gonzales : un air d'optimisme s'invite dans le salon.